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Chansons d'amour

by Émile Guimet (1836 - 1918)

1. Le psaltérion
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Belle écoutez ma rapsodie ; 
Je ne suis qu'un mendiant ;
Mais c'est l'amour que je mendie :
Voyez mon œil suppliant 
Ouvrer au pauvre amoureux
Qui languit et soupire ;
Son âme se déchire
A vos regards dédaigneux. 
Ouvrez au pauvre amoureux ;
Il attend, il espère, 
Ouvrez que rien ne diffère
Une aumône si chère. 

A la Madone dans sa niche
Des rameaux je vais poser
Si vous voulez me rendre riche
D'un sourire ou d'un baiser
Ouvrez au pauvre amoureux 
Qui languit et soupire 
Son âme se déchire 
A vos regards dédaigneux 
Ouvrez au pauvre amoureux 
Il attend, il espère 
Ouvrez que rien ne diffère 
Une aumône si chère. 

Quoi, votre porte est toujours close
Et pourtant j'ai froid, j'ai faim,
Je veux manger ta lèvre rose, 
Sur ton cœur chauffer ma main.
Ouvrer au pauvre amoureux
Qui languit et soupire ;
Son âme se déchire
A vos regards dédaigneux. 
Ouvrez au pauvre amoureux ;
Il attend, il espère, 
Ouvrez que rien ne diffère
Une aumône si chère.

Text Authorship:

  • by Émile Guimet (1836 - 1918)

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2. Promenade sous bois
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Ecoute, au dessus de ma tête, 
Les joyeux chants des touteraux ;
Le printemps nous donne une fête
En réveillant les gais oiseaux ;
Chacun sous la feuille s'abrite
Du soleil aux brillants éclats :
Viens, la nature nous invite
A partager leurs doux ébats.

Le ciel bleu, la verdure sombre,
Le paysage accidanté,
Les rayons d'or jouant dans l'ombre,
Tout fait un cadre à ta beauté,
Ma blonde fleur épanouie
Ma tendre amie au cœur tremblant,
O mes amours, O ma folie,
Mon joli trésor rose et blanc.

Quel est donc le secret étrange
Que tu veux me dire tout bas ?
Pourquoi ce mystère, O mon ange,
Personne ici ne suit nos pas.
Dans l'oreille tu me dépèches
De ces mots à vous rendre fou,
Et j'ai senti tes fèvres fraîches
Qui se promenaient sur mon cou

Que me dis-tu ? C'est pour la vie
Que tu me donnes ton amour...
Oh ! ta figure est embellie
Par les reflets de ce beau jour !
Regarde-moi ma toute belle ;
Tes yeux ont reflété mes yeux,
Et mon regard au tien se mêle
Comme deux rayons dans les cieux.

Text Authorship:

  • by Émile Guimet (1836 - 1918)

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3. Oh ! Dis‑moi...
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Rappelle-toi ce jour où la nature
Dans la forêt semblait tout animer ;
Seule avec moi sous la sombre verdure
Tu me promis, tu juras de m'aimer, 
Tu me disais oui, je t'adore, 
A toi mon cœur, mon âme à toi ! 
Oh, dis-moi si ton âme encore
Est toute à moi. 

Lorsque la nuit étend son voile sombre, 
Tu te plaisais à suivre le chemin, 
Puis sur un banc assis dans la pénombre
Nous devisions et ta main dans ma main 
Nous contemplions jusqu'à l'aurore
De l'astre en feu la grande loi. 
Oh, dis-moi si ton âme encore 
Est toute à moi. 

T'en souviens-tu ? quelle douce constance ! 
Quels heureux jours ont passé pour nous deux ! 
Folles ardeurs, ineffable espérance, 
Beaux rêves d'or et vous, charmants aveux. 
Souvent d'un mot tout s'évapore
De tes pensées j'étais le roi... 
Oh, dis-moi si ton âme encore
Est toute à moi. 

Peut-être un jour les yeux doux et candides 
M'auront menti ; ton amour épuisé
Et consumé par des désirs avides
Voudra quitter un cœur qui l'a blasé,
Par un blasphème que j'abhorre
Quelque rival aura ta foi. 
Oh, dis-moi si ton âme encore
Est toute à moi.

Text Authorship:

  • by Émile Guimet (1836 - 1918)

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4. Le torero
 (Sung text)

Language: French (Français) 
En affrontant la mort traîtresse, 
        Le torero
Jette un regard à sa maîtresse
        Qui dit bravo ! 
  Ah ! pour toi, mon trésor,
  Je vais jouer ma vie ! 
      Il me fait de l'or, 
      Pour te faire un sort, 
        Digne d'envie. 

Pendant que la foule l'acclame,
        Le torero
N'aperçoit qu'un regard de femme
        brilliant et beau.
  Ce regard langoureux,
  Etoile qui le guide,
      Le rend courageux 
      Autant qu'amoureux,
        Regard perfide.

Mais ne voyant que son aimée, 
        Le torero
N'arrête pas de son épée
        Le fier taureau.
  D'un seul coup vers le ciel
  Le monstre affreux le jette
      Remord éternel
      Ah ! quel sort cruel ;
        Pour la fillette.

Text Authorship:

  • by Henri de Riberolles

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5. Le verger
 (Sung text)

Subtitle: Chanson de mai

Language: French (Français) 
Ma belle, viens te promener
Dans le verger, ma belle. 
C'est du printemps le messager
Au chant léger qui nous appelle.
Dans l'air se répand la senteur
De l'aubépine à blanche fleur ;
Le chardonneret tout en fête 
Répond au chant de la fauvette, 
C'est du printemps le messager, 
Le messager au chant léger ;
Viens te promener, viens te promener 
Dans le verger, ma belle. 

Qu'il est joli le verger
Lorsque le printemps l'anime. 
On voit l'oiseau voltiger
Et l'abeille qui butine. 
Au beau milieu sont plantés
Des pommiers aux fleurs de neige. 
Comment te dirais-je 
Toutes ses beautés ? 

Ma belle, viens te promener... 

Dans le pré coule un ruisseau ;
La violette odorante
Se tapit sous un arceau 
D'églantine étincellante ;
Les boutons d'or enflamés,
Les muguets, la paquerette
Font à Palouette
Des nids parfumés.

Ma belle, viens te promener... 

Au ciel, bleu sous le buisson,
Sur la branche qui s'abaisse,
Chacun redit sa chanson
Dans ce concert d'allégresse.
Le chagrin s'évanouit,
Mon cœur ne peut s'en défendre,
A ton regard tendre
Il s'épanouit.

Ma belle, viens te promener...

Text Authorship:

  • by Émile Guimet (1836 - 1918)

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6. Le matin
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Le voile du matin sur les monts se déploie ;
Vois, un rayon naissant blanchit la vieille tour ;
Et déjà dans les cieux s'unit avec amour,
        Ainsi que la gloire à la joie,
Le premier chant des bois aux premiers feux du jour.

Oui, souris à l'éclat dont le ciel se décore !
Tu verras, si demain le cercueil me dévore,
Un soleil aussi beau luire à ton désespoir,
Et les mêmes oiseaux chanter la même aurore,
        Sur mon tombeau muet et noir !

Mais dans l'autre horizon l'âme alors est ravie,
L'avenir sans fin s'ouvre à l'être illimité.
        Au matin de l'éternité,
        On se réveille de la vie,
Comme d'une nuit sombre ou d'un rêve agité !

Text Authorship:

  • by Victor Hugo (1802 - 1885), "Le Matin", written 1822, appears in Odes et Ballades, in 5. Odes, Livre Cinquième - 1819-1828, no. 8

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Grant Hicks) , "Morning", copyright © 2025, (re)printed on this website with kind permission

The text is preceded by the Latin epigraph Moriturus moriturae !
Research team for this page: Emily Ezust [Administrator] , Grant Hicks [Guest Editor]

7. Le désespoir
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Comme des oiseaux funèbres, 
Je sens s'abattre sur mon cœur 
L'ennui, la tristesse et la peur, 
Ils l'enveloppent de ténèbres 
Et de leurs griffes de corbeaux
Déchirent sa chair en lambeaux. 
Plus d'espoir, l'avenir est terne ;
J'ai trop compté sur son secours
Et la douleur qui me consterne
S'est donnée à moi pour toujours. 

Dieu, si tu vois ma souffrance, 
Pourquoi ne pas me secourir ;
Si j'ai perdu toute espérance, 
Que ne me fais-tu pas mourir ? 

Un compagnon d'insomnie, 
Un mal rongeur et dévorant
Me poursuit en me torturant, 
Cette cruelle maladie, 
Cette lèpre, ce cancer noir, 
Ce spectre, c'est le désespoir. 
Au frisson que ressent mon âme
Je reconnais so doigt glacé,
Je reconnais son souffle infâme
Et son regard de trépassé. 

Dieu, si tu vois ma souffrance,...

Text Authorship:

  • by Émile Guimet (1836 - 1918)

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8. Le vin blanc
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Il faut, pour faire du vin blanc, 
Danser sur la grappe. 
Il faut, pour faire du vin blanc,
Danser tous en rang.
Le raisin doit perdre son sang ;
Allons qu'on le frappe ! 
Dansons que le vin s'en échappe. 

La graine dorée
Frémit sous nos coups ;
Et sa chair sucrée
Se change en vin doux.
Mon cœur fait comme elle,
Je le sens couler,
Lorsque sa prunelle
Vient le harceler.

Il faut, pour faire du vin blanc,...

Voilà que l'écume
Jaillit du tonneau ;
Et l'air se parfume
Du vin tout nouveau .
Fillette enivrante, 
A quoi bon tarder, 
Mon âme fermente
Et va déborder. 

Il faut, pour faire du vin blanc,... 

Couler, doux breuvage,
Coulez doucement.
A mon mariage 
L'on boira gaiement.
Et puis, j'ose croire,
Bientôt nous aurons
Des fils qui vont boire
En bons vignerons.

Il faut, pour faire du vin blanc,...

Text Authorship:

  • by Émile Guimet (1836 - 1918)

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9. Chanson
 (Sung text)

Language: French (Français) 
J'ai dit à mon cœur, à mon faible cœur :
N'est-ce point assez d'aimer sa maîtresse ?
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse,
C'est perdre en désirs le temps du bonheur ?

Il m'a répondu : Ce n'est point assez,
Ce n'est point assez d'aimer sa maîtresse ;
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse
Nous rend doux et chers les plaisirs passés ?

J'ai dit à mon cœur, à mon faible cœur :
N'est-ce point assez de tant de tristesse ?
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse,
C'est à chaque pas trouver la douleur ?

Il m'a répondu : Ce n'est point assez
Ce n'est point assez de tant de tristesse ;
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse
Nous rend doux et chers les chagrins passés ?

Text Authorship:

  • by Louis Charles Alfred de Musset (1810 - 1857), "Chanson : J'ai dit à mon cœur...", appears in Premières poésies

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Peter Low) , copyright © 2022, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

10. Ce n'est pas vrai
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Berthe, ne crois pas ce qu'on dit :
On t'accuse d'être coquette ;
On veut que ton regard maudit
M'ait fait perdre la tête. 
Tu sais bien que mes yeux jamais
N'ont rencontré tes yeux de flamme,
Et que jamais je n'oserai
Regarder dans ton âme,
Mais prétendre que j'en mourrai,
Que je languis et que je pleure,
Que je serai fou tout à l'heure :
Ce n'est pas vrai !

C'est en vain qu'on me met au rang
Des malheureux dont l'âme vibre.
Vois-tu, je suis indifférent
Et je veux mon cœur libre.
Quand une fois la passion
Vous a fait tomber dans son gouffre
Ah ! la poignante émotion,
C'est affreux ce qu'on souffre !
Oh ! jamais je ne t'aimerai,
Et si tu crois que ma pensée
De ton amour est insensée...
Ce n'est pas vrai !

On raconte que dans la nuit 
Le long du mur, sous ta fenêtre,
Une ombre passe ; au moindre bruit,
On la voit disparaître.
Comment se nomme ce lutin,
Qui te poursuit, qui te harcelle
En te gardant jusqu'au matin,
Et qui parfois t'appelle !
Est-ce quelqu'esprit égaré ?
Est-il méchant ? Est-ce qu'il t'aime ?
On a dit que c'était moi-même,
C'est ne pas vrai !

A quoi bon feindre le mépris,
Quand mon âme est toute enflammée :
Ne m'as-tu pas déja compris, 
Berthe, ma bien-aimée ?
Oui, je pleure en pensant à toi, 
Oui, je t'admire et te révère, 
Je t'aime enfin, voilà pourquoi 
Mon cœur voulait se taire... 
Je t'ai dit que je resterai
Sans amour pour toi, ma charmante, 
Ne me crois pas, ma douce amante, 
Ce n'est pas vrai !

Text Authorship:

  • by Émile Guimet (1836 - 1918)

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11. La fille de la vague
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Avec un son plaintif le flot meurt sur la grève ;
L'oiseau de nuit gémit aux fentes du rocher. 
Ferdinand le chasseur qu'égare un triste rêve
Sur l'onde vient à se pencher. 

Une forme inconnue, idéale et charmante
Semble se dresser sur les flots ;
Et soudain dans la nuit une voix ravissante 
S'élève éveillant les échos. 

Amant, qui pleure ta maîtresse, 
Viens te consoler dans mes bras, 
Viens, je te donne ma tendresse
Et mon amour ne trompe pas. 

Sous la douleur ton front s'incline ;
Tes yeux se voilent sous les pleurs ;
Ah, Viens à moi, je suis l'ondine
Et j'apporte l'oubli des douleurs. 

Je suis l'ondine blonde et rose ;
Et dans mon palais sous les flots
Celui qui veut m'aimer repose
Sans que rien trouble son repos.

Mon palais est bleu comme l'onde,
Et dans les belles nuits d'été,
Du haut de la voute profonde 
L'étoile y jette sa clarté. 

Tendre fleur, lueur éphémère, 
Qui pour un instant éblouit, 
L'amour des filles de la terre
Dure un jour et s'évanouit 

Ton amie était donc si belle !
Comme elle aussi j'ai des attraits ;
Ah ! je saurais rester fidèle ;
Mon amour ne s'éteint jamais.

D'un doux reflet la lune argentait le rivage ;
L'écho dans les rochers disait de tendres mots.
Le lendemain on trouva sur la plage
Le corps du beau rêveur que caressait les flots.

Text Authorship:

  • by Henri de Riberolles

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12. Veux‑tu m'aimer ?
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Viens dans les champs où l'herbe pousse, 
Viens cueillir ton premier bouquet.
Au loin sur le tapis de mousse,
Se perd ton petit pied coquet.
Viens, la nature se reveille ;
Le printemps revient nous charmer.
Penche vers moi ta blanche oreille.
Veux-tu, veux-tu m'aimer ?

Asseyons-nous sous la charmille
A l'abri des rayons brûlants.
Auprès du ruisseau qui babille
Voltigent les papillons blancs.
L'insecte sur la fleur se pose ;
Il semble lui prendre un baiser.
Ah ! donne-moi ta lèvre rose.
Veux-tu, veux-tu m'aimer ?

Autours de nous, vois quelle ivresse, 
Quel enchantement infini.
La brise en passant le caresse, 
L'oiseau chante en faisant son nid. 
Dans les bois que le soleil dore
D'amour tout semble s'enflammer ;
Viens près de moi, plus près encore. 
Veux-tu, veux-tu m'aimer ? 

Tu pâlis et moi je frissonne... 
Quelle extase et quelle langueur ! 
Adieu, la force m'abandonne, 
Le sang s'arrête dans mon cœur.
Ne crains rien, ton regard plus tendre
A suffit pour me ranimer.
Oui, le phénix nait de sa cendre. 
Veux-tu, veux-tu m'aimer ?

Text Authorship:

  • by Henri de Riberolles

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13. Est‑ce Lisette ?
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Pour sortir d'embarras,
J'ai besoin de votre sagesse.
Ralentissez le pas,
Je vou dirai ce qui m'oppresse :
Aidez-moi, tant soit peu,
Car deux beautés ont pris mon âme :
Lisette à l'œil si bleu ;
Et Suzon au regard de flamme.
Il faut pourtant choisir
Et j'ai compté sur vous, ma belle,
Pour me dire à loisir 
A qui je dois rester fidèle.
Arretons-nous sur ce gazon...
Ça faisons la causette,
Mademoiselle Annette :
Est-ce Lisette
Ou bien Suzon ?
Oui, faisons la causette 
Sur le gazon :
Dites si c'est Lisette 
Ou bien Suzon.

Allons songez-y bien, 
Vous voyez que l'affaire est grave,
Vous serez mon soutien :
Prononcez donc sans nulle entrave 
Un amour incessant,
Sans égoïsme et sans faiblesse,
Qui, toujours renaissant, 
N'épuise jamais ma tendresse,
Voilà ce que je veux
Offrir à celle que j'adore ;
Oh ! dirigez mes vœux
Qui n'ont pu se fixer encore.
Asseyons-nous sur le gazon...
Ça faisons la causette,
Mademoiselle Annette :
Est-ce Lisette 
Ou bien Suzon ?
Oui, faisons la causette 
Sur le gazon :
Dites si c'est Lisette 
Ou bien Suzon.

Laissez-vous tout soudain 
Guider par votre esprit, ma chère, 
Donnez-moi votre main ;
Promettez-moi d'être sincère. 
Dans mes yeux regarder
Et soutenez ma vue en face ! 
De ce que vous direz
Il n'est pas un mot qui s'efface ! 
Enfin conseillez-moi ;
J'ai obéirai toujours et même, 
Si vous voulez ma foi,
J'en conviendrai : c'est vous que j'aime ! 
Eloignons-nous de ce gazon
Finissons la causette, 
Mademoiselle Annette :
Finissons la causette 
Sur le gazon :
J'ai bien mieux que Lisette 
Et que Suzon.

Text Authorship:

  • by Émile Guimet (1836 - 1918)

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14. Lai de Thibaut de Champagne
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Quand je vois la rose odorante
Sur les gazons de mon jardin
Tendre sa tête caressante
Vers le myrthe ou vers le jasmin, 
Quand j'aperçois la pastourelle, 
Désarmant avec des yeux doux
Celui qui l'appelait cruelle, 
Belle reine, je pense à vous. 

Je me dis, trop amiable Blanche, 
Ah ! puissè-je être l'arbrisseau
Dont l'églantine qui se penche
Effleure le pliant rameau ! 
Puissè-je être, dans le village 
Le pâtre, ce futur époux,
Qu'un mot console sous l'ombrage,
Mais dans ces vœux je pense à vous.

Text Authorship:

  • by Joseph 'Chevalier' Bard (1803 - 1861)

Based on:

  • a text in Old French (Ancien français) by Thibaut Ier de Navarre (1201 - 1253) [text unavailable]
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15. L'ange exilé
 (Sung text)

Language: French (Français) 
 ... 

L’enfer mugit d’un effroyable rire,
Quand, dégoûté de l’orgueil des méchants,
L’ange, qui pleure en accordant sa lyre,
Fait éclater ses remords et ses chants.
Dieu d’un regard l’arrache au gouffre immonde,
Mais ici-bas veut qu’il charme nos jours.
La poésie enivrera le monde.
Ange aux yeux bleus, protègez-moi toujours.

Vers nous il vole en secouant ses ailes
Comme l’oiseau que l’orage a mouillé.
Soudain la terre entend des voix nouvelles ;
Maint peuple errant s’arrête émerveillé.
Tout culte alors n’étant que l’harmonie,
Aux cieux jamais Dieu ne dit : Soyez sourds.
L’autel s’épure aux parfums du génie.
Ange aux yeux bleus, protègez-moi toujours.

En vain l’enfer, des clameurs de l’Envie,
Poursuit cet ange échappé de ses rangs ;
De l’homme inculte il adoucit la vie,
Et sous le dais montre au doigt les tyrans.
Tandis qu’à tout sa voix prêtant des charmes
Court jusqu’au pôle éveiller les amours,
Dieu compte au ciel ce qu’il sèche de larmes.
Ange aux yeux bleus, protègez-moi toujours.

 ... 

Text Authorship:

  • by Pierre Jean de Béranger (1780 - 1857), "L'ange exilé"

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Note: the text above is taken from stanzas 2-4 of the original text.

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16. Quand même
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Après deux grands mois pleins d'ennui,
De longs soupirs et de tristesse, 
Enfin un doux espoir a lui, 
Demain Pâquerette à la messe
Pour son époux m'acceptera,
Elle est pauvre mais elle est belle,
Moi qui suis riche, on en rira,
Eh ! bien, je partage avec elle.

Et d'ailleurs, demain nous serons unis ;
Quelle douce pensée !
Mes souhaits, belle fiancée,
Avec vous seront accomplis ;
Et déjà ma peine est passée
Puisque mon bonheur m'est promis,

Je sais bien qu'à part sa beauté
Elle est bavarde, médisante, 
Qu'il faut céder à sa fierté, 
Que même on la prétend méchante,
Que peut-être elle me battra
Et qu'elle est coquette accomplie ;
Eh ! que m'importe tout cela !
Ma Pâquerette est si jolie ;

Et d'ailleurs, demain nous serons unis...

Et pourtant l'on m'a raconté
Que, suivant la rive fleurie, 
Elle allait tous les soirs d'été
Se promener dans la prairie
Avec gros Pierre, avec Lucas, 
Qu'elle voit avec complaisance, 
Et d'autres qo'on ne connait pas... 
Mais, bah ! c'est pure médisance. 

Et d'ailleurs, demain nous serons unis...

Text Authorship:

  • by Émile Guimet (1836 - 1918)

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17. La Fille de Golconde
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Près du lac bleu, tiède rivage, 
Sous les cascades d'Élora, 
Je vis passer dans mon jeune âge 
Celle que mon cœur adora, 
Et je lui dis : -- Rien ne t'égale, 
Trésor de perle et de corail, 
Aureng-Zeb, le roi du Bengale, 
Languit pour toi dans son sérail. 

    Oh ! qui me le rendra, 
      Le doux rivage 
      De mon jeune âge ? 
    Oh ! qui me redira 
      La voix charmante 
      De mon amante 
Sous les cascades d'Élora ?

Je lui disais : -- L'astre qui brille 
Au front du dieu bleu, tous les soirs, 
A moins d'éclat, charmante fille, 
Que les rayons de tes yeux noirs.
Conte-moi les plaintes touchantes
De la sultane de Delhy ; 
Je les aime quand tu les chantes 
Avec ta voix de bengali.

    Oh ! qui me le rendra,
      Le doux rivage
      De mon jeune âge ?
    Oh ! qui me redira 
      La voix charmante 
      De mon amante
Sous les cascades d'Élora ? 

Elle n'avait pas sa seconde, 
Lorsqu'à seize ans elle arriva, 
Avec les filles de Golconde, 
A la fête du dieu Siva. 
Sur vingt rivales des plus fières, 
C'est elle que l'on vint choisir,
Et le sultan des cinq rivières 
En fit présent à son vizir. 

    Oh ! qui me le rendra,
      Le doux rivage
      De mon jeune âge ?
    Oh ! qui me redira 
      La voix charmante 
      De mon amante
Sous les cascades d'Élora ?

A l'heure où le grand tigre rôde, 
Un soir, en vain, je l'attendis ;
Un jeune bonze, à la pagode,
Me la fit voir au paradis :
Elle m'attend dans l'autre vie ;
Le dieu bleu qui me la donna,
Le dieu jaloux me l'a ravie 
Pour son jardin de Mandana.

    Oh ! qui me le rendra,
      Le doux rivage
      De mon jeune âge ?
    Oh ! qui me redira 
      La voix charmante 
      De mon amante
Sous les cascades d'Élora ?

Text Authorship:

  • by François Joseph Pierre André Méry (1798 - 1865), "La Fille de Golconde", written 1853?, appears in Mélodies poétiques, Paris, Éd. Victor Lecou, first published 1853

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18. Le mort amoureux
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Je ne sens plus le pierre
Peser sur mon corps froid ;
Une voix douce et fière
Me dit : réveille-toi ! 
Les cieux ouverts révèlent 
Leurs splendeurs à mes yeux 
Et les anges m'appellent
Pour devenir l'un d'eux.
Ah ! donnez-moi près d'elle, 
Mon Dieu, mon paradis ;
Que mon âme se mêle
Aux songes de ses nuits, 
A la fleur qui lui donne
Les énivrants parfums, 
Au zéphir qui frissonne 
Dans ses beaux cheveux bruns.

Son amour sur la terre
Me fit si précieux
Que mon âme n'espère
Rien de plus dans les cieux. 
Secourez-moi, mon père, 
En ce nouveau péril ;
Tant qu'elle est sur la terre 
Le ciel est un exil. 
La vie est une épreuve
Bien pleine de combats
Pour la pauvre âme veuve
Que j'ai laissée en bas. 
Mon Dieu, je vous en prie, 
En ce séjour mortel,
Ajoutez à sa vie
Tout mon bonheur du ciel.

Text Authorship:

  • by Alphonse Karr (1808 - 1890), appears in Clotilde, Paris, Éd. Desessard, first published 1839

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19. Sur l'eau
 (Sung text)

Language: French (Français) 
La mer tranquille,
Loin de la ville,
Sous le bleu firmament,
Nous porte doucement.
Oh ! ma gondole,
Sous ta coupole
Nous sommes penchés
Tendrement rapprochés.
Adieu conquètes,
Repas et fêtes
Et riches lambris 
Puisqu'ici tu resplendis.

Regarde, ô mon amante,
La mer et ses beautés ;
Nous sommes transportés
Sur la vague ondulante.
Oh ! tendre Elmire,
Restons toujours ainsi.
Tout mon bonheur ici
Tient du délire.

Le jour s'achève, 
Comme en un rêve, 
Sur Venise abaissé
Le soleil a passé.
Plein de lumière
Dans sa carrière, 
Il s'enfuit soudain
Dans l'horizon lointain. 
La brise pure 
Sous ta coiffure
D'un souffle amoureux 
Fait flotter tes noirs cheveux. 

Regarde, ô mon amante...

Text Authorship:

  • by Émile Guimet (1836 - 1918)

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20. La Señora d'Alcantara
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Une jeune Senora d'Alcantara
A son balcon dans la nuit sombre
Ecoutait son amoureux 
        Langoureux 
Qui lui fredonnait dans l'ombre :
        Aimez-moi !
Belle, tout nous y convie
L'amour et la poésie
        Sur ma foi.
C'est tout le bonheur de la vie,
        Aimez-moi !

Au chant de son amoureux si langoureux 
La senora penche la tête,
Et l'on entendait le bruit,
        Dans la nuit,
D'un doux baiser qui répète :
        Aimez-moi !
Belle, tout nous y convie
L'amour et la poésie
        Sur ma foi.
C'est tout le bonheur de la vie,
        Aimez-moi !

Mais un odieux rival, Mari brutal,
Guettait cette bonne fortune.
On voit briller son regard,
        Son poignard,
Et du sang, au clair de lune...
        Aimez-moi !
Dit une voix expirante,
La mort sera souriante,
        Sur ma foi.
Si vous me pleurez ma charmante,
        Pleurez-moi !

Text Authorship:

  • by Henri de Riberolles

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21. À franc étrier
 (Sung text)

Language: French (Français) 
A travers la Russie, 
Sur le terrain glacé, 
Je me suis élancé. 
Ma jument d'Esthonie
Par ses naseaux tout grands ouverts
Lance un sillage de fumée ;
Les arbres de givre couverts 
Font briller leur blanche ramée

A franc étrier 
Sur mon beau coursier
En brisant la glace
Dévorons l'espace
Hourrah ! hourrah ! hourrah ! 

Des houlans de la garde 
Dix ans j'eus au côté
Le sabre redouté. 
A la lueur blafarde
Du canon qui vomit la mort
J'ai fait voir mon ardeurs guerrière ;
Maintenant un plus heureux sort
Me reconduit dans ma chamière. 

A franc étrier... 

Je vais revoir mon père
Que j'ai laissé si vieux
Au sol de mes aïeux,
Et puis aussi j'espère
Retrouver mes amis, mes sœurs
Et Zouléka, ma fiancée, 
En songeant à tous ces bonheurs
Par l'espoir mon âme est bercée. 

A franc étrier...

Text Authorship:

  • by Émile Guimet (1836 - 1918)

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22. Chant de la nymphe des eaux
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Le ciel est pur, le sable est doux, 
Venez fouler ce beau rivage !
Venez en rond vous joindre à nous,
Les vents se taisent sur la plage.
Dansez, dansez, embrassez-vous ! 
Le ciel est pur, le sable est doux. 

Entendez-vous ce bruit lointain ? 
C'est du chien l'aboiement sonore, 
Le coq a chanté ce matin :
Sa voix a salué l'aurore. 
Dansez, dansez, embrassez-vous ! 
Le ciel est pur, le sable est doux. 

Ton père a le sort le plus beau :
La vaste mer est son tombeau ;
Ses yeux ce sont des perles fines ;
Ses os sont changés en corail. 
Tout son corps, merveilleux travail, 
A pris mille formes marines, 
Ecoute le chant des ondines !
Entends leurs cloches de cristal,
Mélée à leurs voix argentines,
Sonner pour lui le glas fatal !

Le ciel est pur, le sable est doux, 
Venez fouler ce beau rivage !
Venez en rond vous joindre à nous,
Les vents se taisent sur la plage.
Dansez, dansez, embrassez-vous ! 
Le ciel est pur, le sable est doux. 

 ... 

Text Authorship:

  • by Benjamin Laroche (1797 - 1852), no title

Based on:

  • a text in English by William Shakespeare (1564 - 1616), no title, appears in The Tempest, Act I, scene 2
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Note: the text above is taken from stanzas 1-3,1 of the original text.

Research team for this page: Emily Ezust [Administrator] , Grant Hicks [Guest Editor]

23. Ah ! Quelle folie (Sung Text)

Note: this is a multi-text setting


    Ah ! quelle folie, 
    De quitter la vie
    Pour une beauté
  Dont on est rebuté ! 
On peut, pour un objet aimable,
Dont le cœur nous est favorable,
  Vouloir perdre la clarté ;
    Mais quitter la vie
    Pour une beauté
    Dont on est rebuté, 
    Ah ! quelle folie ! 

Text Authorship:

  • by Jean-Baptiste Pocquelin (1622 - 1673), as Molière, no title, written 1667, appears in La pastorale comique, Act I, Scene 14,

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Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]



Paissez, chères brebis, les herbettes naissantes ;
Ces prés et ces ruisseaux ont de quoi vous charmer ;
Mais si vous desirez vivre toujours contentes,
    Petites innocentes,
    Gardez-vous bien d'aimer.

Text Authorship:

  • by Jean-Baptiste Pocquelin (1622 - 1673), as Molière, no title

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 ... 
On peut, pour un objet aimable,
Dont le cœur nous est favorable,
  Vouloir perdre la clarté ;
    Mais quitter la vie
    Pour une beauté
    Dont on est rebuté, 
    Ah ! quelle folie ! 

Text Authorship:

  • by Jean-Baptiste Pocquelin (1622 - 1673), as Molière, no title, written 1667, appears in La pastorale comique, Act I, Scene 14,

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24. Fut‑il jamais
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Fut-il jamais douceur de cœur pareille
À voir Manon dans mes bras sommeiller ?
Son front coquet parfume l'oreiller ;
Dans son beau sein, j'entends son cœur qui veille.
Un songe passe, et s'en vient l'égayer.

Ainsi s'endort une fleur d'églantier
Dans son calice enfermant une abeille.
Moi, je la berce ; un plus charmant métier,
       Fut-il jamais ?

Mais le jour vient, et l'aurore vermeille
Effeuille au vent son bouquet printanier.
Le peigne en main et la perle à l'oreille,
À son miroir Manon court m'oublier.
Hélas ! l'amour sans lendemain ni veille
       Fut-il jamais ?

Text Authorship:

  • by Louis Charles Alfred de Musset (1810 - 1857), "Rondeau", written 1842, appears in Poésies nouvelles

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Peter Low) , "Rondo: Was there ever such sweetness of heart", copyright © 2010, (re)printed on this website with kind permission

Research team for this page: Emily Ezust [Administrator] , Peter Low [Guest Editor] , Grant Hicks [Guest Editor]

25. Chanson créole
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Avec amour chagrin commence, 
Chacun vient me blâmer.
Dois-je voir fuir mon espérance ? 
Ne dois-je plus aimer ?
Ainsi cette chère pensée
Que toujours caressait mon cœur
De devenir sa fiancée
Ne serait qu'un rêve trompeur.
Mais rien ne pourra me convaincre ;
On aura beau me dire Non ! 
Un amour vrai ne peut se vaincre ;
Mon cœur seul a raison. 

Mais l'on prétend que sa tendresse
Ne peut durer longtemps ;
Que les amants pleins de jeunesse
Ne sont jamais constants.
Et lorsque l'ardeur est passée
De leur amour faux et menteur
La pauvre fille délaissée
N'a plus qu'à mourir de douleur ! 
Mon Pepito laissons les dire ;
Puisque tu m'as donné ta foi,
Si contre nous chacun conspire, 
J'ai confiance en toi.

Text Authorship:

  • by Henri de Riberolles

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Researcher for this page: Grant Hicks [Guest Editor]

26. Frida
 (Sung text)

Language: French (Français) 
J'étais tranquille, 
J'étais heureux,
Et je m'éxile
Si langoureux. 
Elle est trop belle
Pour lui parler, 
Je vais loin d'elle
Me désoler. 

Et voilà bien des jours, 
Que j'erre aux alentours, 
Sur le rivage, 
Sous le feuillage, 
De mes amours 
Je fuis le servage
Mais son image
Me suit toujours. 

C'est la fortune 
Qui me guida
Quand sur la dune 
Je vis Frida. 
Oh ! charme extrême ! 
Depuis ce soir, 
Frida je t'aime
Mais sans espoir. 

Et voilà bien des jours, 
Que j'erre aux alentours, 
Sur le rivage, 
Sous le feuillage, 
De mes amours 
Je fuis le servage
Mais son image
Me suit toujours. 

Pourquoi me plaindre, 
Pourquoi languir, 
Pourquoi la craindre
Et tant souffrir ? 
Je veux tout dire, 
La supplier, 
La voir sourire, 
Puisque l'oublier. 

Et voilà bien des jours, 
Que j'erre aux alentours, 
Sur le rivage, 
Sous le feuillage, 
De mes amours 
Je fuis le servage
Mais son image
Me suit toujours.

Text Authorship:

  • by Émile Guimet (1836 - 1918)

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27. Viens une flûte invisible
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Viens! - une flûte invisible
Soupire dans les vergers. -
La chanson la plus paisible
Est la chanson des bergers.

Le vent ride, sous l'yeuse,
Le sombre miroir des eaux. -
La chanson la plus joyeuse
Est la chanson des oiseaux.

Que nul soin ne te tourmente.
Aimons-nous! aimons toujours! -
La chanson la plus charmante
Est la chanson des amours.

Text Authorship:

  • by Victor Hugo (1802 - 1885), no title, appears in Les Contemplations, in 2. Livre deuxiême -- L'âme en fleur, no. 13, first published 1846

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Emily Ezust) , no title, copyright © 2015

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28. Le conscrit
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Jamais le sort ne donne
Ce que promet l'espoir. 
Il faut que j'abandonne
Mon chaume dès ce soir
De l'urne j'ai tiré
Le plus terrible nombre ;
Mon cœur est torturé
D'un pressentiment sombre
Et je pars, mais tout bas
J'ai pleuré de rage,
Par pitié, mon courage, 
Ne me quitte pas.

Chacun, l'âme inquiète, 
Me presse dans ses bras
Et, triste, me répète :
Un jour tu reviendra.
Je fais, moi, mes adieux
Et fuyant ma demeure ;
Je baise les deux yeux 
De ma mère qui pleure,
Et je pars palpitant, 
Disant en moi-même :
Par pitié, vous que j'aime, 
Ne m'aimez pas tant. 

Les lieux que je regette
Se parent tout exprès
Et la nature en fête
Redouble ses attraits
Au bord du frais sentier
Le genet se balance ;
L'oiseau sur l'églantier
Module sa cadence
Et je pars ! o tourment,
Grâces séduisantes,
Par pitié, bois et plantes,
Soyez moins charmants.

J'aperçois la fenêtre
Où souvent au matin,
J'au pu la reconnaitre
A son regard mutin
Oh ! je comprends son cœur,
Hélas ma pauvre Rose
M'épargne sa douleur 
Puisque sa porte est close
Et je pars ! de te voir
Je perds l'espérance ;
Cache-moi ta souffrance,
Et ton désespoir.

Je poursuivais ma route, 
Lorsqu'au bord du chemin
Je m'arrête et j'écoute, 
La tête dans ma main.
Qu'entends-je, ce doux son, 
C'est ma blonde vermeille ;
Son rire et son chanson 
Ont blessé mon oreille ! 
Oh ! je pars ! c'est assez
Pleurer la volage ;
Les regrets du village, 
Sont bientôt passés.

Text Authorship:

  • by Émile Guimet (1836 - 1918), "Le conscrit"

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29. Rupture
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Je ne veux plus te voir ;
Je t'abandonne.
Hélas ! c'est le devoir,
Qui me l'ordonne.
Je ne le verrai plus,
Ton gai sourire,
Et tous tes sens émus
Vont me maudire.

Toi qui m'as tant aimé
D'une âme tendre
Un vœu sitôt formé
Doit te surprendre
Car ici, vois-tu bien
Ma douce amie,
On ne sait souvent rien
De cette vie.

Je ne veux plus te voir ;
Je t'abandonne.
Hélas ! c'est le devoir,
Qui me l'ordonne.
Je ne le verrai plus,
Ton gai sourire,
Et tous tes sens émus
Vont me maudire.

 ... 

Text Authorship:

  • by Émile Guimet (1836 - 1918), "Rupture"

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Note: the text above is taken from stanzas 1-2,1 of the original text.

Researcher for this page: Grant Hicks [Guest Editor]

30. Chanson grecque
 (Sung text)

Language: French (Français) 
Pauvre enfant de la plaine,
J'aimais la brune Irène,
    J'étais tout petit, 
    Je sortais du nid,
Pauvre enfant de la plaine,
Je l'adorais sans bruit.

Un soir à la fontaine
Je rencontrai ma reine,
    Je suis ton amant,
    Lui dis-je en tremblant,
Un soir à la fontaine,
Pitié pour mon tourment.

La belle souriante
Sur ma lèvre brûlante
    Mit un doux baiser,
    Je crus expirer,
La belle souriante
Me dit : vous reviendrez !

Vous reviendrez, dit-elle,
Quand la plume à votre aile
    Un jour poussera,
    Jouez jusque là,
Vous reviendrez, dit-elle,
Moi, je pleurais tout bas !

Mon cœur tendre et fidèle
Plus tard revint vers elle,
    Mais d'autres amours 
    Avais pris ses jours,
Mon cœur tendre et fidèle 
Hélas l'aime toujours.

Text Authorship:

  • by Louis Morel-Retz (1825 - 1899), as Stop

Based on:

  • a text in Greek (Ελληνικά) by Anonymous/Unidentified Artist  [text unavailable]
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Total word count: 4605
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