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12 Mélodies

by (Rudolf) Walther Hirschberg (1889 - 1960)

1. Tête de faune [sung text not yet checked]

Dans la feuillée, écrin vert taché d'or,
dans la feuillée incertaine et fleurie
de fleurs splendides où le baiser dort,
vif et crevant l'exquise broderie,

Un faune effaré montre ses deux yeux 
el mord les fleurs rouges de ses dents blanches.
Brunie et sanglante ainsi qu'un vin vieux
sa lèvre éclate en rires sous les branches. 

Et quand il a fui -- tel qu'un écureuil --
son rire tremble encore à chaque feuille, 
et l'on voit épeuré par un bouvreuil
le Baiser d'or du Bois, qui se recueille.

Authorship:

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Researcher for this text: John Versmoren

2. La Mort des pauvres [sung text not yet checked]

C'est la Mort qui [console et la Mort]1 qui fait vivre ;
C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir
Qui, [divin]2 élixir, nous monte et nous enivre,
Et nous donne le cœur de marcher jusqu'au soir ;

À travers la tempête, et la neige et le givre,
C'est la clarté vibrante à notre horizon noir ;
C'est l'auberge fameuse inscrite sur le livre,
Où l'on pourra manger, et dormir, et s'asseoir 

C'est un Ange qui tient dans ses doigts magnétiques
Le sommeil et le don des rêves extatiques,
Et qui refait le lit des gens pauvres et nus ;

C'est la gloire des Dieux, c'est le grenier mystique,
C'est la bourse du pauvre et sa patrie antique,
C'est le portique ouvert sur les Cieux inconnus !

Authorship:

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

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Confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, in La Mort, pages 245-246. Also confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1861, in La Mort, pages 297-298. Also confirmed with Charles Baudelaire, Œuvres complètes de Charles Baudelaire, vol. I : Les Fleurs du mal, Paris: Michel Lévy frères, 1868, in La Mort, page 340. Punctuation follows 1857 edition. Note: this was number 99 in 1857 edition of Les Fleurs du mal but number 122 or 147 in subsequent editions.

1 1861 edition, 1868 edition, G. Bachlund, A. Caplet, Hirschberg, and E. Rautavaara: "console, hélas ! et"
2 1861 edition, 1868 edition, G. Bachlund, A. Caplet, and E. Rautavaara: "comme un"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

3. Bohémiens en voyage [sung text not yet checked]

La tribu prophétique aux prunelles ardentes
Hier s’est mise en route, emportant ses petits
Sur son dos, ou livrant à leurs fiers appétits
Le trésor toujours prêt des mamelles pendantes.

Les hommes vont à pied sous leurs armes luisantes
Le long des chariots où les leurs sont blottis,
Promenant sur le ciel des yeux appesantis
Par le morne regret des chimères absentes.

Du fond de son réduit sablonneux, le grillon,
Les regardant passer, redouble sa chanson ;
Cybèle, qui les aime, augmente ses verdures,

Fait couler le rocher et fleurir le désert
Devant ces voyageurs, pour lesquels est ouvert
L’empire familier des ténèbres futures.

Authorship:

Confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 38-39.

Note: The title "La Caravane des Bohémiens" is used in Baudelaire's 1852 manuscript.
Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

4. Le Pître [sung text not yet checked]

Le tréteau qu'un orchestre emphatique secoue
Grince sous les grands pieds du maigre baladin
Qui harangue non sans finesse et sans dédain
Les badauds piétinant devant lui dans la boue.

Le plâtre de son front et le fard de sa joue
Font merveille. Il pérore et se tait tout soudain,
Reçoit des coups de pieds au derrière, badin,
Baise au cou sa commère énorme, et fait la roue.

Ses boniments, de coeur et d'âme approuvons-les.
Son court pourpoint de toile à fleurs et ses mollets
Tournants jusqu'à l'abus valent que l'on s'arrête.

Mais ce qu'il sied à tous d'admirer, c'est surtout
Cette perruque d'où se dresse sur la tête,
Preste, une queue avec un papillon au bout.

Authorship:

First published in the anthology Sonnets et Eaux-fortes, 1869, and then included in 1884 in Jadis et naguère.


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

5. Le Clown [sung text not yet checked]

Bobèche, adieu ! bonsoir, Paillasse ! arrière, Gille ! 
Place, bouffons vieillis, au parfait plaisantin,
Place ! très grave, très discret et très hautain,
Voici venir le maître à tous, le clown agile. 

Plus souple qu'Arlequin et plus brave qu'Achille,
C'est bien lui, dans sa blanche armure de satin;
Vides et clairs ainsi que des miroirs sans tain,
Ses yeux ne vivent pas dans son masque d'argile. 

Ils luisent bleus parmi le fard et les onguents,
Cependant que la tête et le buste, élégants,
Se balancent sur l'arc paradoxal des jambes. 

Puis il sourit. Autour le peuple bête et laid,
La canaille puante et sainte des Iambes,
Acclame l'histrion sinistre qui la hait.

Authorship:

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First published in the revue Le Hanneton, July 25, 1867, and then included in 1884 in Jadis et naguère.


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6. Le drapeau tricolore [sung text not yet checked]

Une chanson folle et légère
Comme le drapeau tricolore
Court furieusement dans l’air,
Fifrant une France âpre encore.

Sa gaîté qui rit d’elle-même
Et du reste en passant se moque
Pourtant veut bien dire : Tandem !
Et vaticine le grand choc.

Écoutez ! le flonflon se pare
Des purs accents de la Patrie,
Espèce de chant du départ
Du gosse effrayant de Paris.

Il est le rythme, il est la joie,
Il est la Revanche essayée,
Il est l’entrain, il est tout, quoi !
Jusqu’au juron luron qui sied,

Jusqu’au cri de reconnaissance
Qu’on pousse quand il faut qu’on meure
De sang-froid, dans tout son bon sens,
Avec de l’honneur plein son cœur !

Authorship:

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Confirmed with Paul Verlaine, Amour, Vanier (Messein), 1905, pages 45-46.


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7. Les sept filles d'Orlamonde [sung text not yet checked]

Les sept filles d'Orlamonde,
    Quand la fée fut morte,
Les sept filles d'Orlamonde,
    Ont cherché les portes.
 
Ont allumé leurs sept lampes,
    Ont ouvert les tours,
Ont ouvert quatre cents salles,
    Sans trouver le jour...
 
Arrivent aux grottes sonores,
    Descendent alors ;
Et sur une porte close,
    Trouvent une clef d'or.
 
Voient l'océan par les fentes,
    Ont peur de mourir,
Et frappent à la porte close,
    Sans oser l'ouvrir...

Authorship:

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

First published in the revue L'Ermitage, Paris, 1893, and later in Douze Chansons, Éd. Stock, Paris, 1896, n°6, then in Serres chaudes suivies de Quinze Chansons, 1900. Can also be found in the play Ariane et Barbe-Bleue, Act I.


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

8. Venise [sung text not yet checked]

Dans Venise la rouge,
Pas un bateau qui bouge,
Pas un pêcheur dans l'eau,
Pas un falot.

La lune qui s'efface
Couvre son front qui passe
D'un nuage étoilé
Demi-voilé.

Tout se tait, fors les gardes
Aux longues hallebardes,
Qui veillent aux créneaux
Des arsenaux.

Ah! maintenant plus d'une
Attend, au clair de lune,
Quelque jeune muguet,
L'oreille au guet.

Sous la brise amoureuse
La Vanina rêveuse,
Dans son berceau flottant
Passe en chantant;

Tandis que pour la fête
Narcissa qui s'apprête,
Met devant son miroir
Le masque noir.

Laissons la vieille horloge
Au palais du vieux doge
Lui compter de ses nuits
Les longs ennuis.

Sur sa mer nonchalante,
Venise indolente
Ne compte ni ses jours
Ni ses amours.

Car Venise est si belle
Qu'une chaîne sur elle
Semble un collier jeté
Sur la beauté.

Authorship:

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Faith J. Cormier) , "Venice", copyright © 2006, (re)printed on this website with kind permission
  • SPA Spanish (Español) (José Miguel Llata) , "Venecia", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

9. Quand vient le soir [sung text not yet checked]

Quand vient le soir,
Des cygnes noirs,
Ou des fées sombres,
Sortent des fleurs, des choses, de nous
Ce sont nos ombres.

Elles avancent ; le jour recule.
Elles vont dans le crépuscule,
D'un mouvement glissant et lent.
Elles s'assemblent, elles s'appellent,
Se cherchent sans bruit,
Et toutes ensemble,
De leurs petites ailes,
Font la grande nuit.

Mais l'Aube dans l'eau
S'éveille et prend son grand flambeau.
Puis elle monte,
En rêve monte, et peu à peu,
Sur les ondes elle élève
Sa tête blonde,
Et ses yeux bleus.

Aussitôt, en fuite furtive,
Les ombres s'esquivent,
On ne sait où.
Est-ce dans l'eau ? Est-ce sous terre ?
Dans une fleur ? Dans une pierre ?
Est-ce dans nous ?
On ne sait pas. Leurs ailes closes
Enfin reposent.
Et c'est matin.

Authorship:

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Confirmed with Charles Van Lerberghe, La Chanson d’Ève, Paris, Société du Mercure de France, 1904 (2e éd.), pages 97-98.


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

10. Étoile 

Écoutez donc ! Si s'allument les étoiles
 . . . . . . . . . .

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Authorship:

  • by Anonymous / Unidentified Author

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11. À Cassandre [sung text not yet checked]

Je voudroy bien richement jaunissant
En pluye d’or goute à goute descendre
Dans le giron de ma belle Cassandre,
Lors qu'en ses yeux le somne va glissant.

[Puis je voudroy en toreau blanchissant
Me transformer pour sur mon dos la prendre,
Quand en Avril]1 par l'herbe la plus tendre
Seule, à l'ecart, mille fleurs ravissant.

Je voudroy bien pour alleger ma peine,
Estre un Narcisse et elle une fontaine,
Pour m'y plonger une nuict à sejour :

[Et si voudroy que ceste nuict encore
Fust eternelle, et que jamais l'Aurore
Pour m’esveiller ne]2 rallumast le jour.

Authorship:

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (David Wyatt) , "I wish that, in the rich yellow", copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission

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1 Boni: "Je voudroy bien en toreau blanchissant/ Me transformer pour finement la prendre,/ Quand elle va"
2 Boni: "Et voudroy bien que ceste nuict encore/ Fust eternelle, et que jamais l'Aurore/ D'un front nouveau nous"

Researcher for this text: David Wyatt

12. L'Arondelle [sung text not yet checked]

    Tay toy, babillarde Arondelle,
 Ou bien, je plumeray ton aile
 Si je t'empongne, ou d'un couteau
 Je te couperay la languette,
 Qui matin sans repos caquette
 Et m'estourdit tout le cerveau.
   Je te preste ma cheminée,
 Pour chanter toute la journée,
 De soir, de nuict, quand tu voudras.
 Mais au matin ne me reveille,
 Et ne m'oste quand je sommeille
 Ma Cassandre d'entre mes bras.

Authorship:

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Faith J. Cormier) , "Quiet, chattering swallow", copyright © 2002, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
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