Six poésies mises en musique

Song Cycle by Charles Lefebvre (1843 - 1917)

Word count: 728

1. Tous les lilas se meurent [sung text not yet checked]

Ici-bas tous les lilas meurent,
Tous les chants des oiseaux sont courts,
Je rêve aux étés qui demeurent
    Toujours...

Ici-bas les lèvres effleurent 
Sans rien laisser de leur velours,
Je rêve aux baisers qui demeurent
    Toujours...

Ici-bas, tous les hommes pleurent
Leurs amitiés ou leurs amours;
Je rêve aux couples qui demeurent 
    Toujours...

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Zde"
  • ENG English [singable] (Samuel Byrne) , "In this world"
  • GER German (Deutsch) (Martin Stock) , "Hier auf Erden", copyright © 2001, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ramona Gabriela Peter) , "Quaggiù", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission
  • RUS Russian (Русский) (Konstantin Dmitrevich Bal'mont) , "Здесь на земле", written 1890

Note: quoted in Jules Lemaître's "Vers pour être chantés".


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

2. Le banc de pierre [sung text not yet checked]

Au fond du parc, dans une ombre indécise,
Il est un banc, solitaire et moussu,
Où l'on croit voir la Rêverie assise,
Triste et songeant à quelque amour déçu.
Le Souvenir dans les arbres murmure,
Se racontant les bonheurs expiés ;
Et, comme un pleur, de la grêle ramure
      Une feuille tombe à vos pieds.

Ils venaient là, beau couple qui s'enlace,
Aux yeux jaloux tous deux se dérobant,
Et réveillaient, pour s'asseoir à sa place,
Le clair de lune endormi sur le banc.
Ce qu'ils disaient, la maîtresse l'oublie ;
Mais l'amoureux, cœur blessé, s'en souvient,
Et dans le bois, avec mélancolie,
      Au rendez-vous, tout seul, revient.

Pour l'œil qui sait voir les larmes des choses,
Ce banc désert regrette le passé,
Les longs baisers et le bouquet de roses
Comme un signal à son angle placé.
Sur lui la branche à l'abandon retombe,
La mousse est jaune, et la fleur sans parfum ;
Sa pierre grise a l'aspect de la tombe
      Qui recouvre l'Amour défunt !...

Authorship

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Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

3. Absence [sung text not yet checked]

Reviens, reviens, ma bien-aimée !
Comme une fleur loin du soleil,
La fleur de ma vie est fermée,
Loin de ton sourire vermeil.

Entre nos cœurs [tant de]1 distance ;
Tant d'espace entre nos baisers.
Ô sort amer! ô dure absence !
Ô grands désirs inapaisés !

D'ici là-bas que de campagnes,
Que de villes et de hameaux,
Que de vallons et de montagnes,
À lasser le pied des chevaux !

Au pays qui me prend ma belle,
Hélas! si je pouvais aller ;
Et si mon corps avait une aile
Comme mon âme pour voler !

Par-dessus [les]2 vertes collines,
Les montagnes au front d'azur,
Les champs rayés et les ravines,
J'irais d'un vol rapide et sûr.

Le corps ne suit pas la pensée;
Pour moi, mon âme, va tout droit,
Comme une colombe blessée,
[T'abattre]3 au rebord de son toit.

Descends dans sa gorge divine,
Blonde et fauve comme de l'or,
Douce comme un duvet d'hermine,
Sa gorge, mon royal trésor ;

Et dis, mon âme, à cette belle :
«[Tu sais bien qu'il compte les jours!]4
Ô ma colombe! à tire d'aile,
Retourne au nid de nos amours.»

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English [singable] (Samuel Byrne) , "Absence"
  • ENG English (Emily Ezust) , copyright © 2015
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , copyright © 2010, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Enrico Magnani) , "Assenza", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission

View original text (without footnotes)

Confirmed with Théophile Gauthier, La comédie de la mort, Desessart editeur, Paris, 1838, page 283.

1 Berlioz: "quelle"
2 Bizet, David, Lavigne: "nos"
3 Berlioz, Pedrell: "S'abbatre"
4 Lavigne: appears as the last line of this verse.

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Pierre Mathé [Guest Editor]

4. Lamento [sung text not yet checked]

Subtitle: La chanson du pêcheur

Ma belle amie est morte:
Je pleurerai toujours;
[Sous]1 la tombe elle emporte
Mon âme et mes amours.
Dans le ciel, sans m'attendre,
Elle s'en retourna;
L'ange qui l'emmena
Ne voulut pas me prendre.
Que mon sort est amer!
Ah!  sans amour, s'en aller sur la mer!

La blanche créature
Est couchée au cercueil.
Comme dans la nature
Tout me paraît en deuil!
La colombe oubliée
Pleure et songe à l'absent;
Mon âme pleure et sent
Qu'elle est dépareillée.
Que mon sort est amer!
Ah!  sans amour, s'en aller sur la mer!

Sur moi la nuit immense
[S'étend]2 comme un linceul;
Je chante ma romance
Que le ciel entend seul.
Ah!  comme elle était belle,
[Et comme]3 je l'aimais!
Je n'aimerai jamais
Une femme autant qu'elle.
Que mon sort est amer!
Ah!  sans amour, s'en aller sur la mer!

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Emily Ezust) , no title, copyright ©
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , copyright © 2004, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "La mia bella amica è morta", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

View original text (without footnotes)

Confirmed with Théophile Gauthier, La comédie de la mort, Desessart editeur, Paris, 1838, page 227.

1 Viardot: "Dans"
2 Fauré: "Plane"
3 Fauré: "Et combien"; Viardot: "Comme"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Bertram Kottmann , Pierre Mathé [Guest Editor]

5. À Saint Blaise, à la Zuecca [sung text not yet checked]

À Saint-Blaise, à la Zuecca,
Vous étiez, vous étiez bien aise
À Saint-Blaise.
À Saint-Blaise, à la Zuecca,
Nous étions bien là.

Mais de vous en souvenir
Prendrez-vous la peine ?
Mais de vous en souvenir
Et d'y revenir,

À Saint-Blaise, à la Zuecca,
Dans les prés fleuris cueillir la verveine,
À Saint-Blaise, à la Zuecca,
Vivre et mourir là !

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Victoria de Menil) , "In St. Blaise at the Zuecca", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
  • SPA Spanish (Español) (José Miguel Llata) , copyright © 2014, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

6. La première larme [sung text checked 1 time]

Subtitle: Paradis perdu

Pâles du fruit amer où leur lèvre a mordu,
Ils partaient. Ils quittaient le jardin de lumière,
Et le désir poignant les tournait en arrière !
Eve tendait les bras au paradis perdu !
L'archange flamboyait sur le seuil défendu !
Mais dans son œil terrible, inondant sa paupière,
Une larme brillait comme une fine pierre.
« Pauvres enfants ... » dit-il à ce couple éperdu,
« Partez ! Dieu vous accorde, en quittant son royaume,
Le Viatique saint des larmes comme un baume.
Quand vous souffrirez trop aux ronces du chemin,
Eve, tu pleureras une larme soulage ! »
Il dit, et sur Adam, qui cachait son visage,
Eve laissa tomber le premier pleur humain.

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler