Huit mélodies

Song Cycle by Gustave Kéfer (b. 1855)

Word count: 825

1. Rosées [sung text not yet checked]

Je rêve, et la pâle rosée
Dans les plaines perle sans bruit,
Sur le duvet des fleurs posée
Par la main fraîche de la nuit.

D'où viennent ces tremblantes gouttes ?
Il ne pleut pas, le temps est clair ;
C'est qu'avant de se former, toutes,
Elles étaient déjà dans l'air.

D'où viennent mes pleurs ? Toute flamme,
Ce soir, est douce au fond des cieux ;
C'est que je les avais dans l'âme
Avant de les sentir aux yeux.

On a dans l'âme une tendresse
Où tremblent toutes les douleurs,
Et c'est parfois une caresse
Qui trouble, et fait germer les pleurs.

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2. La dernière feuille [sung text not yet checked]

Dans la forêt chauve et rouillée
Il ne reste plus au rameau
Qu'une pauvre feuille oubliée,
Rien qu'une feuille et qu'un oiseau,

Il ne reste plus [dans]1 mon âme
Qu'un seul amour pour y chanter;
Mais le vent d'automne [qui]2 brame
Ne permet pas de l'écouter.

L'oiseau s'en va, la feuille tombe,
L'amour s'éteint, car c'est l'hiver.
Petit oiseau, viens sur ma tombe
Chanter, quand l'arbre sera vert.

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Peter Low) , "The last leaf", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission

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Text first published as "L'hiver" in the journal "Don Quichotte", April 30, 1837.
1 Chausson: "en"
2 Pedrell: "que"

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3. Les papillons [sung text not yet checked]

Les papillons couleur de neige
Volent par essaims sur la mer ;
Beaux papillons blancs, quand pourrai-je
Prendre le bleu chemin de l'air ?

Savez-vous, ô belle des belles,
Ma bayadère aux yeux de jais,
S'ils me [pouvaient]1 prêter leurs ailes,
Dites, savez-vous où j'irais ?

Sans prendre un seul baiser aux roses,
À travers vallons et forêts,
J'irais à vos lèvres mi-closes,
Fleur de mon âme, et j'y mourrais.

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Motýli"
  • ENG English (Peter Low) , no title, copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Amy Pfrimmer) , copyright © 2020, (re)printed on this website with kind permission

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Note: this poem was titled "Pantoum" in L'Eldorado and Fortunio, and titled "Les papillons" in other editions.

1 in some settings, "voulaient"; we will add further information when we obtain it.

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4. Ici-bas [sung text not yet checked]

Ici-bas tous les lilas meurent,
Tous les chants des oiseaux sont courts,
Je rêve aux étés qui demeurent
    Toujours...

Ici-bas les lèvres effleurent 
Sans rien laisser de leur velours,
Je rêve aux baisers qui demeurent
    Toujours...

Ici-bas, tous les hommes pleurent
Leurs amitiés ou leurs amours;
Je rêve aux couples qui demeurent 
    Toujours...

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Zde"
  • ENG English [singable] (Samuel Byrne) , "In this world"
  • GER German (Deutsch) (Martin Stock) , "Hier auf Erden", copyright © 2001, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ramona Gabriela Peter) , "Quaggiù", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission
  • RUS Russian (Русский) (Konstantin Dmitrevich Bal'mont) , "Здесь на земле", written 1890

Note: quoted in Jules Lemaître's "Vers pour être chantés".


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5. Silence et nuit des bois [sung text not yet checked]

Il est plus d'un silence, il est plus d'une nuit,
Car chaque solitude a son propre mystère :
Les bois ont donc aussi leur façon de se taire
Et d'être obscurs aux yeux que le rêve y conduit.

On sent dans leur silence errer l'âme du bruit,
Et dans leur nuit filtrer des sables de lumière.
Leur mystère est vivant : chaque homme à sa manière
Selon ses souvenirs l'éprouve et le traduit.

La nuit des bois fait naître une aube de pensées ;
Et, favorable au vol des strophes cadencées,
Leur silence est ailé comme un oiseau qui dort.

Et le coeur dans les bois se donne sans effort :
Leur nuit rend plus profonds les regards qu'on y lance,
Et les aveux d'amour se font de leur silence.

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6. Recueillement [sung text not yet checked]

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

[Pendant]1 que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
[Surgir du fond des eaux le Regret souriant]2 ;

Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Duma"
  • ENG English (Peter Low) , "Meditative calm", copyright © 2001, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Cyril Meir Scott) , "Meditation", appears in The Flowers of Evil, London, Elkin Mathews, first published 1909
  • SPA Spanish (Español) (Victor Torres) , "Recogimiento", copyright © 2011, (re)printed on this website with kind permission

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Confirmed with Le Parnasse contemporain : receuil de vers nouveaux, premier receuil, [Paris?]: Alphonse Lemerre, 1866, page 79. Also confirmed with Œuvres complètes de Charles Baudelaire, vol. I : Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Michel Lévy frères, 1868, page 237.

First published by Alphonse Lemerre in Le Parnasse contemporain : receuil de vers nouveaux, premier receuil, 1866; also appears under Spleen et Idéal as number 102 in the 1868 edition of Les Fleurs du mal.

1 Vierne: "Tandis"
2 Vierne: "Surgir des fonds de l'eau le Regret souriant"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

7. Larmes [sung text not yet checked]

Pleurons nos chagrins, chacun le nôtre,
Une larme tombe, puis une autre,
Toi, qui pleures-tu? Ton doux pays,
Tes parents lointains, ta fiancée.
Moi, mon existence dépensée
    En vœux trahis.

Pleurons nos chagrins, chacun le nôtre.
Une larme tombe, puis une autre.
Semons dans la mer ces pâles fleurs.
À notre sanglot qui se lamente 
Elle répondra par la tourmente
    Des flots hurleurs.

[ ... ]

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Laura Prichard) , copyright © 2020, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Nele Gramß) , "Tränen", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission

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8. Soir religieux [sung text not yet checked]

Des villages plaintifs et des champs reposés,
Voici que s'exhalait, dans la paix vespérale,
Un soupir doucement triste comme le râle
D'une vierge qui meurt pâle, les yeux baissés,

Le cœur en joie et tout au ciel déjà tendante.
Les vents étaient tombés. Seule encor remuait,
Là-bas, vers le couchant, dans l'air vide et muet,
Une cloche d'église à d'autres répondante

Et qui sonnait, sous sa mante de bronze noir,
Comme pour un départ funéraire d'escortes,
Vers des lointains perdus et des régions mortes,
La souffrance du monde éparse au fond du soir.

C'était un croisement de voix pauvres et lentes,
Si triste et deuillant qu'à l'entendre monter,
Un oiseau quelque part se remit à chanter,
Très faiblement, parmi les ramilles dolentes,

Et que les blés, calmant peu à peu leur reflux,
S'aplanirent - tandis que les forêts songeuses
Regardaient s'en aller les routes voyageuses,
A travers les terreaux, vers les doux angelus.

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