Joyeusetés de bonne compagnie, recueillies et mises en musique

by Émile Pessard (1843 - 1917)

Word count: 912

3. Chanson d'un fou [sung text not yet checked]

J'aime un type d'italienne
 . . . . . . . . . .

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6. L'éventail [sung text not yet checked]

Dans le chaud boudoir de dentelle, 
Je m'étais assis tout près d'elle; 
Et, seul, son éventail ancien
Me cachait sa bouche qui tente, 
Fragile barrière irritante
Entre mon désir et le sien.

Le satin aux branches légères, 
Où l'on avait peint des bergères 
Dans un paysage d'azur,
Frais et souple comme une palme, 
M'envoyait, de son rythme calme, 
Un parfum enivrant et pur.

Elle s'en faisait un complice 
Pour exaspérer mon supplice, 
Et, lorsque je voulais oser, 
D'un geste vif de la coquette 
L'éventail, devenu baguette, 
Châtiait l'offre d'un baiser.

Toute ruse était inutile. 
Cette bagatelle subtile 
Tenait de l'aile et du rayon,
Et, voltigeant â gauche, à droite, 
Évitait ma main maladroite 
A cette chasse au papillon.

Qui sait comment finit la lutte? 
A quelle adorable minute
Palpita-t-il à coups plus lents?... 
Mais ma tête est sur ton épaule; 
L'éventail a changé de rôle 
Et rafraîchit nos fronts brûlants.

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7. J'allais partir [sung text not yet checked]

J'allais partir ; doña Balbine
Se lève et prend à sa bobine
          Un long fil d'or ;
À mon bouton elle le noue,
Et puis me dit, baisant ma joue :
          « Restez encor !

« Par l'un des bouts ce fil, trop frêle
Pour retenir un infidèle,
          Tient à mon cœur...
[Si]1 vous partez, mon cœur s'arrache :
Un nœud si fort à vous m'attache,
          Ô mon vainqueur !

-- « Pourquoi donc prendre à ta bobine
Pour me fixer, doña Balbine,
          Un fil doré ?
À [ton lit]2 qu'un cheveu m'enchaîne,
Se brisât-il, sois-en certaine,
          Je resterai ! »

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1 Radoux: "Oui ! si"
2 Radoux: "tes pieds"

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8. Le lever [sung text not yet checked]

[Assez dormir, ma belle]1,
Ta cavale Isabelle
Hennit sous tes balcons2,
Vois tes piqueurs alertes,
Et sur leurs manches vertes
Les pieds noirs des faucons2.

Vois écuyers et pages,
En galants équipages,
Sans rochet ni pourpoint,
Têtes chaperonnées,
Trainer les haquenées,
Leur arbalète au poing.

Vois bondir dans les herbes
Les lévriers superbes,
Les chiens trapus crier.
En chasse, et chasse heureuse!
Allons, [mon amoureuse]3,
Le pied dans l'étrier!

Et d'abord, sous la moire,
Avec ce bras d'ivoire
Enfermons ce beau sein,
Dort la forme divine,
Pour que l'oeil la devine,
Reste aux plis du coussin.

Oh! sur ton front qui penche,
J'aime à voir ta main blanche
Peigner les cheveux noirs;
Beaux cheveux qu'on rassemble
Les matins, et qu'ensemble
Nous défaisons les soirs!

Allons, mon intrépide,
Ta cavale rapide
Frappe du pied le sol2,
Et ton bouffon balance,
Comme un soldat sa lance,
Son joyeux parasol!2

Mets ton écharpe blonde
Sur ton épaule ronde,
Sur ton corsage d'or,
Et je vais, ma charmante,
T'emporter dans ta mante,
Comme un enfant qui dort!

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1 Schmitt: "Ah, assez dormir, la belle"
2 Schmitt inserts here "Allons, en chasse!"
3 Schmitt: "l'amoureuse"

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9. Lilla [sung text not yet checked]

Si Lilla voulait me promettre
De m'ouvrir quand la nuit viendra,
Je l'épouserais bien sans prêtre,
Quitte à sauter par la fenêtre
Quand sa mère s'éveillera.

Sommes-nous donc de vieilles femmes
Qui toujours tremblent pour leurs os
Et, de peur du diable et des flammes,
Attendent que leurs vieilles âmes
Sortent par dégoût de leurs peaux?
Moi, sur la planche de ma bière,
Je souperais avec Lilla.

Par la fressure du saint-père !
Un homme peut casser son verre,
Quand il a bu de ce vin-là.

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11. Oh! Quand je dors [sung text not yet checked]

Oh! quand je dors, viens auprès de ma couche, 
comme à Pétrarque apparaissait Laura,
Et qu'en passant ton haleine me touche... 
       Soudain ma bouche
       S'entrouvrira!

Sur mon front morne où peut-être s'achève
Un songe noir qui trop longtemps dura,
Que ton regard comme un astre se lève...
       [Soudain]1 mon rêve
       Rayonnera!

Puis sur ma lèvre où voltige une flamme,
Éclair d'amour que Dieu même épura,
Pose un baiser, et d'ange deviens femme...
       Soudain mon âme
       S'éveillera!

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CHI Chinese (中文) (Yen-Chiang Che) , "喔!當我沈睡", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission
  • CHI Chinese (中文) (Mei Foong Ang) , copyright © 2018, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Emily Ezust) , "Oh! when I sleep", copyright ©
  • ENG English [singable] (Peter Low) , "Oh while I sleep", copyright © 2008, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English [singable] (Anonymous/Unidentified Artist) , "O in my dreams"
  • POR Portuguese (Português) (Margarida Moreno) , "Oh! Quando durmo", copyright © 2011, (re)printed on this website with kind permission

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1 Liszt: "Et soudain"

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12. Le premier jour de mai [sung text not yet checked]

Laissons le lit et le sommeil,
  Cette journée :
Pour nous l'aurore au front vermeil
  Est déjà née.
Or' que le ciel est le plus gai,
En ce gracieux moi de mai,
  Aimons, Mignonne !
Contentons notre ardent désir :
En ce monde n'a du plaisir
  Qui ne s'en donne.

Viens, belle, viens te promener
  Dans ce bocage ;
Entends les oiseaux jargonner
  De leur ramage.
Mais écoute comme sur tous
Le rossignol est le plus doux,
  Sans qu'il se lasse.
Oublions tout deuil, tout ennui,
Pour nous réjouir comme lui:
  Le temps se passe.

Ce vieillard, contraire aux amants,
  Des ailes porte,
Et, en fuyant, nos meilleurs ans
  Bien loin emporte.
Quand ridée un jour tu seras,
Mélancolique, tu diras :
  J'étais peu sage,
Qui n'usais point de la beauté
Que sitôt le temps a ôté
  De mon visage.

Laissons [ce regret et ce pleur]1
  A la vieillesse,
Jeunes, il faut cueillir [la fleur]2
  De la jeunesse.
Or' que le ciel est le plus gai,
En ce gracieux mois de mai,
  Aimons, mignonne.
Contentons notre ardent désir : 
En ce monde n'a du plaisir
  Qui ne s'en donne.

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1 Gounod: "les regrets et les pleurs"
2 Gounod: "les fleurs"

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14. Le spectre de la rose [sung text not yet checked]

Soulêve ta paupière close
Qu'effleure un songe virginal ;
Je suis le spectre d'une rose
Que tu portais hier au bal.
Tu me pris encore emperlée
Des pleurs d'argent de l'arrosoir,
Et, parmi la fête étoilée,
Tu me promenas tout le soir.

Ô toi qui de ma mort fus cause,
Sans que tu puisses le chasser,
[Toute la nuit]1 mon spectre rose
À ton chevet viendra danser :
Mais ne crains rien, je ne réclame
Ni messe ni De Profundis ;
Ce léger parfum est mon âme,
Et j'arrive du du paradis.

Mon destin fut digne d'envie ;
[Pour avoir un trépas]2 si beau,
Plus d'un aurait donné sa vie,
[Car j'ai ta gorge pour]3 tombeau,
Et sur l'albâtre où je repose
Un poète, avec un baiser,
Écrivit : Ci-gît une rose
Que tous les rois vont jalouser.

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Emily Ezust) , no title, copyright ©
  • FRI Frisian [singable] (Geart van der Meer) , "De siele fan de roas", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , copyright © 2018, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Lo spettro della rosa", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

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Confirmed with Théophile Gauthier, La comédie de la mort, Desessart editeur, Paris, 1838, page 225.

1 Berlioz: "Toutes les nuits"
2 Berlioz: "Et pour avoir un sort"
3 Berlioz: "Car sur ton sein j'ai mon"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Pierre Mathé [Guest Editor]