Vingt mélodies, recueil 1

by (François-Clément) Théodore Dubois (1837 - 1924)

Word count: 1507

3. Près d'un ruisseau [sung text checked 1 time]

Nous étions tous les deux assis près d'un ruisseau,
Les églantiers en fleurs mettaient une ombre douce
A nos fronts rappochés, et nous regardions l'eau 
S'ebattre follement au travers de la mousse.

Dans l'espace attiédi vibraient de lourds frissons ;
Le soleil se pâmait dans les herbes soyeuses ;
L'air avait, en son vol, des lenteurs amoureuses
Et du bout de son aile effeuillait les buissons.

Nos mains s'entrelaçaient, et nous parlions à peine ;
Un flot de volupté jusqu'à nos cœurs montait.
La terre, en exhalant sa formidable haleine,
A travers l'infini tous deux nous emportait.

La nuit vint, les oiseaux, épiant son silence,
Se rapprochaient dans l'ombre avec des cris joyeux :
Ce fut dans la nature un chant d'amour immense,
Qui monta de la terre en se perdant aux cieux !

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4. Par le sentier [sung text checked 1 time]

"Où, dites-moi, beau cavalier,
Qui chevauchez par le sentier,
couvert de clématite,
Où, dites-moi, beau cavalier,
Allez-vous donc si vite ?"
"Belle, je vais au rendez-vous
D'amour, où doit m'attendre
Ma mie au sourire si doux,
Ma mie au cœur si tendre !"

"Votre mie, ô beau cavalier,
Qui chevauchez par le sentier,
Est-elle noble et belle,
Grande dame à l'esprit altier
Ou simple demoiselle ?"
"Ma mie est la reine des prés,
Qui parfume mon âme,
La fauvette aux chants inspirés,
Qui chante en moi sa gamme."

"Votre mie, ô beau cavalier,
Qui chevauchez par le sentier,
Bienheureuse doit être !
Votre mie, ô beau cavalier,
Je voudrais bien connaître."
"Baissez votre regard si cher
Vers la source endormie ;
Mirez-vous dans le ruisseau clair,
Vous y verrez ma mie."

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5. Trimazô [sung text checked 1 time]

Subtitle: Chanson de mai avec choeur de jeunes filles à l'unisson

Nous avons gravi les premiers
La pente des collines ;
Les blés étaient verts,
Les pommiers neigeaient dans les ravines,
Les prés étaient comme un jardin,
Et l'herbe d'amour a soudain 
Fleuri dans nos poitrines.

Les ramiers des bois s'accouplaient
Au creux des vieilles souches,
Tous les oiseaux rossignolaient
Et semblaient moins farouches ;
Et comme une brise d'été,
Un soupir d'amour est monté
De nos cœurs à nos bouches.

Voici le mai, le mois de mai !
Par la grâce des fleurs nouvelles,
Que tout cœur dolent soit charmé ;
A la chanson des hirondelles,
Que tout cœur aimant soit aimé !
Voici le mai, le joli mois de mai !

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6. Matin d'avril [sung text checked 1 time]

Avril s'éveillait, les veines gonflées
De sève amoureuse et de doux parfums ;
Le ciel était blond ; l'or des giroflées
Aux brumes d'argent baignait ses tons bruns.

Un diamant pur sur chaque corolle
Faisait chatoyer ses joyeux reflets,
Et du bout de l'aile und brise folle
Infligeait aux fleurs de légers soufflets.

Sous les marronniers j'attendais l'amie ;
Les marronniers blancs, d'un air langoureux,
Inclinaient sur moi leur tête endormie
Et se murmuraient : "C'est un amoureux !"

"C'est un amoureux !" criait l'alouette.
"Oh ! l'heureux mortel !" sonnait le pinson.
"Qu'en sais-tu ?" rêvait la vieille chouette.
Le merle sifflait : "Le pauvre garçon !"

Le merle mentait. J'attendais mon âme.
La nature était prête à nous bénir ;
Une violette, au regard de femme,
Répétait tout bas : "Je l'entends venir !"

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8. Mignonne [sung text checked 1 time]

Quand écrit mignonne,
Reine Mab jamais ne dort,
Le caprice papillonne
Léger sous sa plume d'or,
Quand écrit mignonne.

Quand mignonne écrit,
L'amour lui sert de modèle,
La prose éclot et fleurit,
La muse est jalouse d'elle
Quand mignonne écrit.

Quand écrit mignonne,
Soudain le noir sur le blanc
Aux yeux éblouis rayonne,
Il se fait éclat brillant,
Quand écrit mignonne.

Quand mignonne écrit,
Le papier charmé lui-même,
S'anime sous son esprit,
Il parle, il chante, il dit : J'aime !
Quand mignonne écrit.

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10. Les vivants et les morts [sung text checked 1 time]

Où donc es-tu, vaillant soldat,
Dont le nom a rempli les mondes,
Dont le bras, terrible au combat,
Reste inerte aux fosses profondes ?

Où donc es-tu, vierge aux yeux doux,
Qui ne quittas ta blanche couche,
Que pour ce sombre rendez-vous,
Où la mort t'a baisé la bouche ?

Où donc es-tu, tramblant vieillard,
Qui ne voyais pas dans ta joie
A couver ton or du regard,
Que la tombe guettait sa proie ?

Où doc es-tu pour l'apaiser,
Pauvre mère à l'âme si tendre,
Cet enfant, qui cherche un baiser,
Pâlissant à force d'attendre ?

Nous ne laissons aux sépultures
Qu'un vêtement trop lourd pour nous.
Nous n'avons de corps ni figures,
Et nous ne voulons rien de vous !

Avec notre chair, à la terre
Nous avons tous rendu nos cœurs,
Encor pleins de votre misère,
Encor meurtris de vos douleurs !

Notre vie est l'indifference.
Invisibles sans nous cacher.
Nous passons dans notre silence
Auprès de vous sans vous toucher.

Tarissez vos larmes sans causes,
Vous qui venez pleurer sur nous ;
Si nous prenions souci des choses,
Nous devrions pleurer sur vous !

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11. Rosées [sung text not yet checked]

Je rêve, et la pâle rosée
Dans les plaines perle sans bruit,
Sur le duvet des fleurs posée
Par la main fraîche de la nuit.

D'où viennent ces tremblantes gouttes ?
Il ne pleut pas, le temps est clair ;
C'est qu'avant de se former, toutes,
Elles étaient déjà dans l'air.

D'où viennent mes pleurs ? Toute flamme,
Ce soir, est douce au fond des cieux ;
C'est que je les avais dans l'âme
Avant de les sentir aux yeux.

On a dans l'âme une tendresse
Où tremblent toutes les douleurs,
Et c'est parfois une caresse
Qui trouble, et fait germer les pleurs.

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12. Tarentelle [sung text not yet checked]

1
« Gai marinier de Mergelline, 
Je suis plus riche que le roi : 
La plaine immense et la colline, 
Le ciel et l'onde sont à moi.
Je peux, au vent ouvrant mes voiles,
Aller partout où vont mes yeux... 
Mes pièces d'or sont les étoiles,
J'en ai de quoi remplir les cieux !»

Pour toucher l'âme à sa Ninette,
Ainsi chantait le gai marin...
Faisons claquer la castagnette,
Faisons sonner le tambourin ! 

2
« Si je n'ai pas voile et tartane,
J'ai des cheveux brillants à voir,
Plus longs et bruns qu'une soutane,
Une soutane en satin noir... 
Puis j'ai pour dot un œil de flamme 
Qui porte aux astres un défi, 
Et sur la rive on me proclame
Reine de Naple et d'Amalfi !»

Voilà comment chantait Ninette 
Pour toucher l'âme à son marin.
Faisons claquer la castagnette, 
Faisons sonner le tambourin ! 

3
Les beaux enfants de la marine
Se sont bientôt donné la main ;
Jamais seigneur et signorine 
N'ont célébré si riche hymen ;
Le vent du soir, mieux qu'un poète, 
Chanta la belle et son amant...
Et la madone pour la fête
Illumina son firmament...

Même on prétend que la Ninette
Resta fidèle à son marin...
Faisons claquer la castagnette,
Faisons sonner le tambourin !

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Confirmed with Poésies de Marc-Monnier, Genève, Jolimay-Desrogis, 1872, pages 77-79.


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15. Bergerette [sung text checked 1 time]

Subtitle: Mélodie Provençale

Voici l'aube printanière,
Oublions les sombres jours,
Tout renaît à la lumière
Du soleil et des amours.
Voyant luire sans nuages
La splendeur de firmament,
Les oiseaux, sous les ombrages,
Jettent plus joyeusement
Aux échos des verts bocages
Leur refrain le plus charmant.

En regardant les fleurs écloses,
Qui font un tapis sous leurs pas,
Les amoureux ont tant de choses
A se dire tout bas, tout bas!
Pendant qu'en son nid de fougère,
Pour sa compagne, le pinson
Roucoule de sa voix légère,
On peut entendre à l'unisson
Le berger qui pour sa bergère
Chante aussi la tendre chanson.

La douceur encVoici l'aube printanière,
Oublions les sombres jours,
Tout renaît à la lumière
Du soleil et des amours.
Voyant luire sans nuages
La splendeur de firmament,
Les oiseaux, sous les ombrages,
Jettent plus joyeusement
Aux échos des verts bocages
Leur refrain le plus charmant.

En regardant les fleurs écloses,
Qui font un tapis sous leurs pas,
Les amoureux ont tant de choses
A se dire tout bas, tout bas!
Pendant qu'en son nid de fougère,
Pour sa compagne, le pinson
Roucoule de sa voix légère,
On peut entendre à l'unisson
Le berger qui pour sa bergère
Chante aussi la tendre chanson.

La douceur enchanteresse
Des parfums et des couleurs
De sa chaude et molle ivresse
Lentement ravit les cœurs.
L'âme s'ouvre à la caresse
D'un zéphir plein de langueurs.
Voici l'aube printanière,
Oublions les sombres jours,
Tout renaît à la lumière
Du soleil et des amours.hanteresse
Des parfums et des couleurs
De sa chaude et molle ivresse
Lentement ravit les cœurs.
L'âme s'ouvre à la caresse
D'un zéphir plein de langueurs.
Voici l'aube printanière,
Oublions les sombres jours,
Tout renaît à la lumière
Du soleil et des amours.

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18. Berceuse [sung text checked 1 time]

Dodo, fais dodo mon enfant,
Sur ta couche un ange se penche,
Et sous ses ailes, voûtes blanches,
Cache ton front et le défend
Contre le jour que ta paupière
Ne pourrait supporter encor.
Il te donne des rêves d'or
Et veille avec une prière !
Dodo, l'enfant do,
Je veux te bercer
Jusqu'au doux sourire,
Qui viendra me dire,
Qu'on peut commencer,
Chère mignonne, à t'embrasser.

Dodo, fais dodo sans effroi
Dans ton nid, sous tes rideaux roses.
Ragardant comme tu reposes,
Je resterai tout près de toi,
Pour te bercer d'une voix douce
Et te sourire à ton réveil.
L'heure vient pour toi du somneil,
Dors comme l'oiseau dans la mousse !
Dodo, l'enfant do, etc.

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19. Allez-vous en [sung text not yet checked]

Allez-vous en, la plus chérie
 . . . . . . . . . .

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