Harmonies : 24 Mélodies, Chant & Piano

by Jules-Alfred Cressonnois (1823 - 1883)

Word count: 2655

1. Révolte [sung text not yet checked]

Oui, femmes, quoi qu’on puisse dire,
Vous avez le fatal pouvoir
De nous jeter par un sourire
Dans l’ivresse ou le désespoir.

Oui, deux mots, le silence même,
Un regard distrait ou moqueur,
Peuvent donner à qui vous aime
Un coup de poignard dans le coeur.

Oui, votre orgueil doit être immense,
Car, grâce à notre lâcheté,
Rien n’égale votre puissance,
Sinon votre fragilité.

Mais toute puissance sur terre
Meurt quand l’abus en est trop grand,
Et qui sait souffrir et se taire
S’éloigne de vous en pleurant.

Quel que soit le mal qu’il endure,
Son triste rôle est le plus beau.
J’aime encor mieux notre torture
Que votre métier de bourreau.

Authorship

First published in Revue des Deux Mondes, December 1, 1841


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2. La Vesprée [sung text not yet checked]

Le bois comme un encensoir/ Exhale une odeur divine
 . . . . . . . . . .

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3. Les Tronçons du serpent [sung text not yet checked]

Je veille, et nuit et jour mon front rêve enflammé
    Ma joue en pleurs ruisselle,
Depuis qu'Albaydé dans la tombe a fermé
    Ses beaux yeux de gazelle.

Car elle avait quinze ans, un sourire ingénu,
    Et m'aimait sans mélange,
Et quand elle croisait ses bras sur son sein nu,
    On croyait voir un ange !

Un jour, pensif, j'errais au bord d'un golfe, ouvert
    Entre deux promontoires,
Et je vis sur le sable un serpent jaune et vert,
    Jaspé de taches noires.

La hache en vingt tronçons avait coupé vivant
    Son corps que l'onde arrose,
Et l'écume des mers que lui jetait le vent
    Sur son sang flottait rose.

Tous ses anneaux vermeils rampaient en se tordant
    Sur la grève isolée,
Et le sang empourprait d'un rouge plus ardent
    Sa crête dentelée.

Ces tronçons déchirés, épars, près d'épuiser
    Leurs forces languissantes,
Se cherchaient, se cherchaient, comme pour un baiser
    Deux bouches frémissantes !

Et comme je rêvais, triste et suppliant Dieu
    Dans ma pitié muette,
La tête aux mille dents rouvrit son œil de feu,
    Et me dit : "O poëte !

"Ne plains que toi ! ton mal est plus envenimé,
    Ta plaie est plus cruelle ;
Car ton Albaydé dans la tombe a fermé
    Ses beaux yeux de gazelle.

"Ce coup de hache aussi brise ton jeune essor.
    Ta vie et tes pensées
Autour d'un souvenir, chaste et dernier trésor,
    Se traînent dispersées.

"Ton génie au vol large, éclatant, gracieux,
    Qui, mieux que l'hirondelle,
Tantôt rasait la terre et tantôt dans les cieux
    Donnait de grands coups d'aile,

"Comme moi maintenant, meurt près des flots troublés ;
    Et ses forces s'éteignent,
Sans pouvoir réunir ses tronçons mutilés
    Qui rampent et qui saignent."

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Faith J. Cormier) , "Albaÿdé", copyright © 2002, (re)printed on this website with kind permission

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4. Annie [sung text not yet checked]

La lune n'était point ternie,
Le ciel était tout étoilé ;
Et moi, j'allai trouver Annie
Dans les sillons d'orge et de blé.
Oh ! les sillons d'orge et de blé !

Le coeur de ma chère maîtresse
Etait étrangement troublé.
Je baisai le bout de sa tresse,
Dans les sillons d'orge et de blé !
Oh ! les sillons d'orge et de blé !

Que sa chevelure était fine !
Qu'un baiser est vite envolé !
Je la pressai sur ma poitrine,
Dans les sillons d'orge et de blé.
Oh ! les sillons d'orge et de blé !

Notre ivresse était infinie,
Et nul de nous n'avait parlé...
Oh ! la douce nuit, chère Annie,
Dans les sillons d'orge et de blé !
Oh ! les sillons d'orge et de blé !

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5. Ronde sentimentale [sung text not yet checked]

     Entrez dans la danse,
     Voyez comme on danse !
           Ronde.
 
Sur les gazons verts, le soir nous dansons,
Au clair de la lune, au bruit des chansons.

Tout brûlant d'amour, le Ciel dit à l'Onde :
Je ne puis descendre et baiser tes flots,
 Ni dans tes beaux yeux, par le soir déclos,
Voir se refléter ton âme profonde.

Sur les gazons verts, le soir nous dansons,
Au clair de la lune, au bruit des chansons.

La Rose s’entr’ouvre et dit à l’Étoile :
Que n’ai-je, ô ma fleur ! des ailes d’oiseau,
Puisque la madone, avec son fuseau,
File un blanc nuage, et t’en fait un voile !

Sur les gazons verts, le soir nous dansons,
Au clair de la lune, au bruit des chansons.

L’Étoile scintille et dit à la Rose :
Je ne puis voler comme un papillon,
Mais je puis, cher astre ! au bout d’un rayon
Boire tous tes pleurs, sans que l’on en cause.

Sur les gazons verts, le soir nous dansons,
Au clair de la lune, au bruit des chansons.

Frémissante encor, l’Onde sous la flamme
Apaise ses flots et dit à l’Azur :
Le meilleur de toi dans mon lit obscur
Sommeille à demi sur mon sein qui pâme.

Sur les gazons verts, le soir nous dansons,
Au clair de la lune, au bruit des chansons.

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Confirmed with Œuvres de Théodore de Banville. Les Stalactites. Odelettes. Améthystes. Le Forgeron, Paris, Alphonse Lemerre, 1889, pages 26-27.


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6. Printemps d'avril [sung text not yet checked]

Ma mie, à son toit fidèle,
La frétillante hirondelle
Revient du lointain exil.
Déjà le long des rivages
S'égaie un sylphe subtil,
Qui baise les fleurs sauvages:
Voici le printemps d'Avril!

C'est le moment où les fées,
De volubilis coiffées,
Viennent, au matin changeant,
Sur le bord vert des fontaines,
Où court le flot diligent,
Charmer les biches hautaines
De leurs baguettes d'argent.

Elles dansent à l'aurore
Sur l'herbe, où les suit encore
Un troupeau de nains velus.
Ne va pas, enfant sereine,
Au fond des bois chevelus;
Elles te prendraient pour reine,
Et je ne te verrais plus!

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7. Le dernier baiser [sung text not yet checked]

Tombez de mon front, fleurs écloses
Au soleil des premiers amours,
Effeuillez-vous, mythe et roses,
qui deviez refleurir toujours.

Mais pour endormir ma tristesse,
Mes regrets pour les apaiser,
Encore un baiser ma maîtresse,
Ma maîtresse, encore un baiser.

D'autres viendront te trouvant belle
Et te le disant mieux que moi,
Et qui sait, sur mon cœur rebelle,
D'autres régneront après toi.

Mais au feu d'une autre caresse,
Peut-on de nouveau s'embraser?
Encore un baiser, ma maîtresse,
Ma maîtresse, encore un baiser.

Ô mes tendresses ingénues,
Rêves de mes yeux éblouis,
Illusions trop tôt perdues,
Songes trop tôt évanouis.

Adieu! Mais cet adieu m'opresse,
Mon cœur en souffre à se briser
Un dernier baiser, ma maîtresse,
Ma maîtresse, un dernier baiser.

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8. Adieux de l'hôtesse arabe [sung text not yet checked]

[ ... ]

Adieu, voyageur blanc ! J'ai sellé de ma main,
De peur qu'il ne te jette aux pierres du chemin,
    Ton cheval à l'œil intrépide ;
Ses pieds fouillent le sol, sa croupe est belle à voir,
Ferme, ronde et luisante ainsi qu'un rocher noir
    Que polit une onde rapide.

[ ... ]

Si tu l'avais voulu, peut-être une de nous,
O jeune homme, eût aimé te servir à genoux
    Dans nos huttes toujours ouvertes ;
Elle eût fait, en berçant ton sommeil de ses chants,
Pour chasser de ton front les moucherons méchants,
    Un éventail de feuilles vertes.

[ ... ]

Si tu ne reviens pas, songe un peu quelquefois
Aux filles du désert, sœurs à la douce voix,
    Qui dansent pieds nus sur la dune ;
O beau jeune homme blanc, bel oiseau passager,
Souviens-toi, car peut-être, ô rapide étranger,
    Ton souvenir reste à plus d'une !

[ ... ]

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Faith J. Cormier) , "Adieux of the Arab Hostess", copyright © 2002, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Enrico Magnani) , "Addio dell'hostess araba", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission

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1 Bizet: "Adieu, beau voyageur, hélas,"

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9. La vieille chanson [sung text not yet checked]

Le soleil souriait à la jeune nature,
  L'hiver avait séché ses pleurs,
Et la brise entr'ouvrait de son haleine pure
  L'humide corolle des fleurs.

Le saule aux rameaux verts penchait sa rêverie
  Sur les flots au reflet doré;
Le ruisseau murmurant dans la verte prairie
  Souriait au ciel azuré.

Or, nous étions tous deux sous les tremblantes roses
  Qu'épanouissait le printemps,
Si que sans y penser nos amours sont écloses,
  Comme elles, presque en même temps.

Le rossignol disait sa plainte enchanteresse,
  Nous disions des serments jaloux;
Et tout en nous était joie, extase, tendresse...
  Hélas! vous le rappelez-vous?

L'arbre pensif s'incline encor, l'insecte rôde,
  L'églantier semble rajeunir,
Le vent a son parfum, l'herbe son émeraude;
  Notre amour est un souvenir!

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10. La Volage [sung text not yet checked]

Vénus a moins d'attraits
Que celle qui m'enchante, 
Le Printems est moins frais, 
L'Aurore moins brillante : 
Que sa chaîne est charmante ! 
Mais, comment l'engager ? 
L'Onde est moins inconstante,
Et le vent moins léger.

L'Amant le plus parfait,
N'a point de privilége ;
Qu'il soit jeune & bien fait,
Que sans cesse, il l'affiége, 
Mérite, ni manége
N'ont pu la réformer : 
Comment la fixerai-je,
Moi qui ne sais qu'aimer ? 

N'importe : mon amour
Va l'attendre au passage ; 
Et, si du sien, un jour 
J'obtiens le moindre gage,
D'un siècle d'esclavage,
J'aurai reçu le prix ; 
Et c'est, sur la Volage, 
Toujours autant de pris.

Authorship

Confirmed with Œuvres complettes d'Alexis Piron, Tome Septième (Volume 7), Liege, Clément Plomteux, 1776, page 238. The song by Cressonnois begins "Le printemps est moins frais/ Que celle qui m'enchante"


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11. La Branche d'amandier [sung text not yet checked]

De l’amandier tige fleurie,
Symbole, hélas! de la beauté,
Comme toi, la fleur de la vie
Fleurit et tombe avant l’été.

Qu’on la néglige ou qu’on la cueille,
De nos fronts, des mains de l’Amour,
Elle s’échappe feuille à feuille,
Comme nos plaisirs jour à jour!

Savourons ces courtes délices;
Disputons-les même au zéphyr,
Epuisons les riants calices
De ces parfums qui vont mourir.

Souvent la beauté fugitive
Ressemble à la fleur du matin,
Qui, du front glacé du convive,
Tombe avant l’heure du festin.

Un jour tombe, un autre se lève;
Le printemps va s’évanouir;
Chaque fleur que le vent enlève
Nous dit : Hâtez-vous de jouir.

Et, puisqu’il faut qu’elles périssent,
Qu’elles périssent sans retour!
Que ces roses ne se flétrissent
Que sous les lèvres de l’amour!

Authorship

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12. Souvenirs [sung text not yet checked]

Au temps où la jeunesse
 . . . . . . . . . .

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13. Riche et pauvre [sung text not yet checked]

Le ciel avait fait nos coeurs pour s'entendre
 . . . . . . . . . .

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14. Chanson de Fanfan [sung text not yet checked]

Pourquoi les fleurs sont-elles/ Si belles
 . . . . . . . . . .

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15. Regrets [sung text not yet checked]

Pour m'en aller joyeux dans la prairie
 . . . . . . . . . .

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16. Ma Colombine [sung text not yet checked]

Ma Colombine je t'implore,
Et loin de toi mon front se penche
Comme un lys que l'été dévore :
Reviens, ô ma colombe blanche !
Tra la la la etc.

Reviens, ou du moins fais-moi signe,
Mon trésor, mon étoile, mon cygne,
Ma colombe, ma colombelle !
Tra la la la etc.

Loin de tes yeux, faussant l'histoire,
Comme un Pierrot prêt à la tombe,
Je sens pâlir ma face noire,
O Colombine, ma colombe !
Tra la la la etc.

O toi qui dévidais la soie
De mes beaux jours sur ta bobine,
Reviens pour me remplir de joie,
Ma colombe, ma Colombine !
Tra la la la etc.

Authorship

Confirmed with Théodore de Banville, Oeuvres poétiques complètes, éd. Honoré Champion, 2001, volume VIII (8), Poèmes non recueillis et inédits, page 416.


Researcher for this text: François Le Roux

17. La Tristesse de Laure [sung text not yet checked]

Oh ! pleure ainsi, Mon cher souci
 . . . . . . . . . .

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18. Coquetterie posthume [sung text not yet checked]

Quand je mourrai, que l'on me mette,
Avant que de clouer mon cercueil,
Un peu de rouge à la pommette,
Un peu de noir au bord de l'oeil.

Car je veux, dans ma bière close,
Comme le soir de son aveu,
Rester éternellement rose
Avec du khol sous mon œuil bleu.

Pas de suaire en toile fine ;
Mais drapez-moi dans les plis blancs
De ma robe de mousseline,
De ma robe à treize volants.

C'est ma parure préférée :
Je la portais quand je lui plus ;
Son premier regard l'a sacrée,
Et depuis je ne la mis plus.

Posez-moi sans jaune immortelle,
Sans coussin de larmes brodé.
Sur mon oreiller de dentelle
De ma chevelure inondé.

Cet oreiller, dans les nuits folle,
A vu dormir nos fronts unis,
Et sous le drap noir des gondoles
Compté nos baisers infinis.

Entre mes mains de cire pâle,
Que la prière réunit,
Tournez ce chapelet d'opale
Par le pape à Rome bènit.

Je l'égrènerai dans la couche
D'où nul encor ne s'est levé.
Sa bouche en a dit sur ma bouche
Chaque Pater et chaque Ave.

Quand je mourrai, que l'on ne mette,
Avant que de clouer mon cercueil.
Un peu de rouge à la pommette
Un peu de noir au bord de l'oeil.

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Judith Kellock) , "Posthumous coqetry", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Ingrid Schmithüsen) , "Posthume Koketterie", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Judith Kellock

19. Le Moissonneur [sung text not yet checked]

Il est un moissonneur/ Que l'on nomme la mort
 . . . . . . . . . .

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20. Rondalla [sung text not yet checked]

Enfant aux airs d'impératrice,
Colombe aux regards de faucon,
Tu me hais, mais c'est mon caprice,
De me planter sous ton balcon.

Là, je veux, le pied sur la borne,
Pinçant les nerfs, tapant le bois,
Faire luire à ton carreau morne
Ta lampe et ton front à la fois.

Je défends à toute guitare
De bourdonner aux alentours.
Ta rue est à moi : je la barre
Pour y chanter seul mes amours,

Et je coupe les deux oreilles
Au premier racleur de jambon
Qui devant la chambre où tu veilles
Braille un couplet mauvais ou bon.

Dans sa gaine mon couteau bouge ;
Allons ! qui veut de l'incarnat ?
À son jabot qui veut du rouge
Pour faire un bouton de grenat ?

Le sang dans les veines s'ennuie,
Car il est fait pour se montrer ;
Le temps est noir, gare la pluie !
Poltrons, hâtez-vous de rentrer.

Sortez, vaillants ! sortez, bravaches !
L'avant-bras couvert du manteau,
Que sur vos faces de gavaches
J'écrive des croix au couteau !

Qu'ils s'avancent ! seuls ou par bande,
De pied ferme je les attends.
À ta gloire il faut que je fende
Les naseaux de ces capitans.

Au ruisseau qui gêne ta marche
Et pourrait salir tes pieds blancs,
Corps du Christ ! je veux faire une arche
Avec les côtes des galants.

Pour te prouver combien je t'aime,
Dis ! je tuerai qui tu voudras :
J'attaquerai Satan lui-même,
Si pour linceul j'ai tes deux draps.

Porte sourde ! ... Fenêtre aveugle ! ...
Tu dois pourtant ouïr ma voix ;
Comme un taureau blessé je beugle,
Des chiens excitant les abois !

Au moins plante un clou dans ta porte,
Un clou pour accrocher mon cœur.
À quoi sert que je le remporte
Fou de rage, mort de langueur ?

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First published in the novel "Militona" in the journal La Presse, January 6 1847.


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21. Le Centenaire [sung text not yet checked]

Mes enfants je suis centenaire
 . . . . . . . . . .

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22. L'invitation au voyage [sung text checked 1 time]

	Mon enfant, ma sœur,
	Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble ;
	-- Aimer à loisir,
	Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
	Les soleils mouillés
	De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
	Si mystérieux
	De tes traîtres yeux
Brillant à travers leurs larmes. 

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

	Des meubles luisants,
	Polis par les ans
Décoreraient notre chambre ;
	Les plus rares fleurs
	Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
	Les riches plafonds,
	Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
	Tout y parlerait
	À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

	Vois sur ces canaux 
	Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
	C'est pour assouvir
	Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
	-- Les soleils couchants
	Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
	D'hyacinthe et d'or ;
	-- Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Vyzvání na cestu"
  • DUT Dutch (Nederlands) (Marike Lindhout) , "De Uitnodiging voor de Reis", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Peter Low) , "Invitation to the voyage", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Cyril Meir Scott) , "Invitation to a Journey", appears in The Flowers of Evil, London, Elkin Mathews, first published 1909
  • GER German (Deutsch) (Nele Gramß) , "Einladung zur Reise", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Invito al viaggio", copyright © 2006, (re)printed on this website with kind permission
  • SPA Spanish (Español) (Juan Henríquez Concepción) , "La invitación al viaje", copyright © 2008, (re)printed on this website with kind permission

Confirmed with Revue des Deux Mondes, seconde série de la nouvelle période, tome dixième, Les Fleurs du mal, Paris: Bureau de la Revue des Deux Mondes, 1855, pages 1087-1088. Also confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 115-117. Punctuation and formatting follows 1855 edition.

First published in Revue des Deux Mondes, seconde série de la nouvelle période, tome dixième, 1855. Also appears in Les Fleurs du mal as number 49 in the 1857 edition and 53 or 54 in subsequent editions.

Note: The spelling "luisans" in the 1855 edition is changed to "luisants" in line 17.


Research team for this text: Nicolas Gounin , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

23. Jane [sung text not yet checked]

Je pâlis et tombe en langueur :
Deux beaux yeux m'ont blessé le cœur.

Rose pourprée et tout humide,
Ce n'était pas sa lèvre en feu ;
C'étaient ses yeux d'un si beau bleu
Sous l'or de sa tresse fluide.

Je pâlis et tombe en langueur :
Deux beaux yeux m'ont blessé le cœur.

Toute mon âme fut ravie !
Doux étaient son rire et sa voix ;
Mais ses deux yeux bleus, je le vois,
Ont pris mes forces et ma vie !

Je pâlis et tombe en langueur :
Deux beaux yeux m'ont blessé le cœur.

Hélas ! la chose est bien certaine :
Si Jane repousse mon vœu,
Dans ses deux yeux d'un si beau bleu
J'aurai puisé ma mort prochaine.

Je pâlis et tombe en langueur :
Deux beaux yeux m'ont blessé le cœur.

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CAT Catalan (Català) [singable] (Núria Colomer) , copyright © 2020, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Laura Prichard) , copyright © 2020, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

24. Ronde [sung text not yet checked]

Venez brune ou blonde La plaine est en fleurs
 . . . . . . . . . .

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