Frissons

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1. Cœur de neige [sung text checked 1 time]

Subtitle: Légende

La fée des neiges m’est apparue :
Oh ! quelle blanche vision !
Si blanche qu’on la voit à peine,
Je l’ai vue ! Près des précipices sans fond,

A mes yeux elle s’est dressée ;
Des flacons blancs lui faisaient cortège,
Mais elle était plus blanche
Que la neige immaculéee !

Et sa voix m’a parlé :
“J’ai pitié de ta souffrance,
Et veux t’épargner la désespérance
Que t’apporterait un amour blessé ;

Fuis celle que ton rêve implore,
Fuis s’il en est temps encore,
Fuis sans attendre une nouvelle aurore,
Et demain sois loin de sa route !

Tu crois qu’elle peut aimer ?
Écoute: J’ai pris son cœur 
Et j’ai mis pour le remplacer
La neige la plus froide de mes glaciers !"

Authorship

Set by by Hermann Bemberg (1861 - 1931), subtitle: "Légende", 1903?, published 1905 [ high voice and piano ], Éd. J. Hamelle

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2. Les roses pleurent [sung text checked 1 time]

Les roses ont ce soir pleuré dans le jardin ;
Leur parfum était triste et tristes leurs corolles,
Peut-être qu’un passant aura dit ces paroles :
“Toutes se faneront demain !”

Aussi comme ce soir leur veille est douloureuse !
Elles tremblent de s’endormir,
Craignent, toutes peureuses,
Que ce dernier sommeil les vienne en sevelir !

Leur tige s’alourdit de tristesse pesante,
Des larmes de la nuit leur pauvre cœur est plein,
Chaque fleur prend des airs d’agonisante.
Les roses ont ce soir pleuré dans le jardin !

Authorship

Set by by Henri-Paul Büsser (1872 - 1973), 1903?, published 1905 [ medium voice and piano ], Éd. J. Hamelle

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Andrew Schneider) , "This evening, the roses weep", copyright © 2019, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Laura Prichard [Guest Editor]

3. Dans la fontaine [sung text checked 1 time]

Je t'ai vue, reflétée dans la fontaine,
Dans la fontaine transparente ;
Ton image était lointaine
A peine apparente.

L’or de tes cheveux s’argentait 
Comme en un glauque clair de lune
Et ton regard se perdair
Dans l’eau plutôt brune.

Ton corsage pres que entre vu
Mourait enrêve
Vision de l’imprévu
Que l’esprit achève...

Achève dans l’incertain
Et sur ce miroir tremblant,
Tes mains fleurissaient soudain
Comme émergent des lotus blancs.

Authorship

Set by by André Caplet (1879 - 1925), 1903, published 1905 [ voice and piano ], Éd. J. Hamelle

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4. Refrain de Novembre [sung text checked 1 time]

Lonlaire lonla, 
Voici la froidure!
Novembre parait sous l'horizon gris.
Les fleurs, les parfums, 
Les nids, la verdure,
Par le vent du nord ont été flétris!
Lonlaire lonla,
Cet air je l'appris 
Dans un jour de spleen que la vie endure,
Lonlaire lonla,
L'obsession dure
Et, du même ennui, tout mon être est pris.
Lonlaire lonla,
Cet air monotone 
Se mèle aux accords mineurs de l'automne.
À peine si mon oreille perçoit,
Lonlaire lonla,
Ce chant qui l'effleure,
Mon esprit rabat ses ailes en soi,
Et mon cœur s'endort et mon âme pleure!

Authorship

Set by by Cécile Chaminade (1857 - 1944), 1903?, published 1905, Éd. J. Hamelle

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Beth Neuerburg) , "Tune of November", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Beth Neuerburg

5. Dans le jardin [sung text checked 1 time]

Je regardais dans le jardin,
Furtif au travers de la haie;
Je t'ai vue, enfant! et soudain,
Mon coeur tressaillit: je t'aimais!

Je m'égratignais aux épines,
Mes doigts saignaient avec les mures,
Et ma souffrance était divine;
Je voyais ton front de gamine,
Tes cheveux d'or et ton front pur!
Grandette et pourtant puérile,
Coquette d'instinct seulement,
Les yeux bleus ombrés de longs cils,
Qui regardent tout gentiment,
Un corps un peu frêle et charmant,
Une voix de mai, des gestes d'avril!

Je regardais dans le jardin,
Furtif au travers de la haie;
Je t'ai vue, enfant! et soudain,
Mon coeur tressaillit: je t'aimais!

Authorship

Set by by Claude Achille Debussy (1862 - 1918), L. 107/(78) (1891), published 1905 [ voice and piano ], Éd. J. Hamelle

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6. Douces larmes [sung text checked 1 time]

Par tes baisers effacées,
Les larmes que j’ai versées
Rient à présent dans mes yeux !
Et maintenant que tu m’aimes,
Mes tourments, mes douleurs mêmes
Ont la doceur des a veux !

Tu remplis si bien mavie,
Que je demeure ravie
De ne rien voir que par toi !
Le pays qui nous rassemble,
Si triste et désert qu’il semble,
Est le paradis pour moi !

Oh! quel divin esclavage :
J’aborde sur le rivage,
Par ton printemps embaumé !
Depuis des mois je t’adore !
Et je t’aime plus encore
D’avoir souffert de t’aimer !

Authorship

Set by by Alphonse Duvernoy (1842 - 1907), 1903?, published 1905 [ voice and piano ], Éd. J. Hamelle

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7. Tu m'aimeras ! [sung text checked 1 time]

Pourquoi dis-tu, ma bien-aimée
Que tu ne m’aimeras jamais ?
Mon âme s’est tout embaumée
Des bonheurs que tu me promets.

Frémis-tu pas de mon étreinte,
Le jour où je serrai ta main ?
Aussi, vois-tu, je suis sans crainte,
Crois-moi: tu m’aimeras demain !

Mon âme s’est tout embaumée
Des bonheurs que tu me promets ;
Dans mes bras je l’aurai, pâmée,
À ton insu tu te soumets.
L’amour t’appose son empreinte,
Nous suivrons le même chemin.

Frémis-tu pas de mon étreinte,
Le jour où je serrai ta main ?
Aussi, vois-tu, je suis sans crainte,
Crois-moi: tu m’aimeras demain !

Cette loi jamais n’est enfreinte :
Nul cœur ne peut-être inhumain.
Dans mes bras je t’aurai, pâmée,
À ton insu tu te soumets :
Pourquoi dis-tu, ma bien-aimée
Que tu ne m’aimeras jamais ?

Authorship

Set by by Hercule Gilles de Fontenailles (1858 - 1922), 1903?, published 1905 [ voice and piano ], Éd. J. Hamelle

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8. Pays natal [sung text checked 1 time]

J’ai pris le sentier qui suit la vallée,
Le jli sentier de genêts ;
Ce sentier, je le reconnais.
Toute la ramure est ensoleillée,
Il me semble que je renais !

Après de trop longues années,
Je reviens au pays natal ;
Bien des illusions, helas ! se sont fanées,
Que j’emportai d’espoir enrubannées,
Doux bagage sentimental !

Je veux oublier les épreuves
Qui m’attendaient où j’ai passé,
Chercher des illusions neuves,
Et que tout soit effacé
Des miseres de passé !

Voici les bruyères roses,
Voici les prés reverdis !
Enfant, j’amais déjà la douceur de ces choses,
Maintenant que j’y viens l’âme et le cœur grandis,
Je crois entrer au paradis !

Authorship

Set by by Charles-Léon Hess (1844 - 1926), 1903?, published 1905 [ medium voice and piano ], Éd. J. Hamelle

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9. Mirage [sung text not yet checked]

De loin, tu paraissais très grande
Et très grave aussi;
Maintenant je me demande
Comment j'ai pu te voir ainsi!
Mon amour était tout transi,
Je n'osais pas aller à toi,
Je tremblais de te déplaire,
Et c'était plus fort que moi,
Tu me faisais peur, ô chère!
Mais tu vins a me rencontre
Avec ton rire gracieux,
Ton joli rire qui montre
Un peu de l'azur des cieux;
Je te serrai sur mon coeur,
Fier, enivré, triomphant!
Et je vis à ta candeur,
Que tu n'étais qu'une enfant!

Authorship

Set by by Vincent d'Indy (1851 - 1931), op. 56 (1903?), published 1905 [ medium voice and piano ], Éd. J. Hamelle

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10. En passant ! [sung text checked 1 time]

Un jour, en passant, tu me pris mes yeux ;
Tout à mes regards se couvrit d’un voile,
Et sous le grand ciel lumineux,
Mes yeux n’eurent plus que toi pour étoile !

Un jour tu me pris toutes mes pensées,
Mes ambitions et me souvenances;
Mon esprit, cristal vibrant de pensées,
Pour toi seule alors eut ses résonnances !

Un jour tu me pris mon cœur tout entier,
Tous ses battements, ses larmes bénies.
Toi seule combla ce cœur tout entier,
Mes amours d’hier en furent bannies.

Un jour tu me pris mon âme immortelle,
Et tu l’emportas, aîle repliée.
Mon âme d’amour deux fois immortelle,
Mon âme à ton âme à jamais liée.

Ainsi, simplement, tu me pris un jour :
Âme, cœur, pensées et regards suprêmes,
Tu pris tout mon être, en passant, un jour.
Et je ne sais pas encor si tu m’aimes !

Authorship

Set by by Eduard Lassen (1830 - 1904), 1903?, published 1905 [ medium voice and piano ], Éd. J. Hamelle

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11. La valse des follets [sung text checked 1 time]

Les follets valsent sur les eaux ;
Ils valsent sur l’eau brune,
Passant entre les roseaux
Au clair de la lune.

Dans les roseaux à qui le vent,
Sur l’île déserte,
Fair chanter, en les soulevant,
Leur valse verte.

Ils dansent, les joyeux lutins,
Dans la blanche lumière,
Ils vont danser jusqu’au matin
Luer valse coutumière :

Le rythme est enlaçant
L'orchestre des roseaux entraîne,
Sautant, tourbillonnant, valsant,
Les esprits de la plaine.

L'étoile du matin, seule dans le ciel luit,
Les follets valsent encore.
Mais soudain, les danseurs on fui.
Voici l'aurore !

Authorship

Set by by (Alexandre) Charles Lecocq (1832 - 1918), 1903?, published 1905 [ medium voice and piano ], Éd. J. Hamelle

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12. Plainte d'amour [sung text checked 1 time]

Quand d’amour ; qui sût me meurtrir
Mon cœur trouvera délivrance,
Quand enfin j’aurai l’assurance
De pouvoir mes larmes tarir,
Je regretterai l’attirance
Que j’avais rêvé d’attendrir.

J’ai maintes fois pensé mourir
De suprême désespérance !
Mais la puls légère apparence,
Qui semblait mon rêve fleurir,
Ravivait ma persévérance
Et m’encourageait à souffrir.

Je chéris bien trop ma souffrance
Pour en vouloir jamais guérir !
J’ai maintes fois pensé mourir
De suprême désespérance !
Mon cœur en eût eu délivrance ;
Mais d’amour, qui sut me meurtrir,
Je chéris bien trop ma souffrance
Pour en vouloir jamais guérir !

Authorship

Set by by Xavier Henri Napoleon Leroux (1863 - 1919), 1903?, published 1905 [ medium voice and piano ], Éd. J. Hamelle

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13. Vers les étoiles [sung text checked 1 time]

Le grand bateau s’en est allé sur la mer !
Oh ! vents, gonflez ses voiles !
Tiens droit toujurs, le gouvernail de fer,
Pilote on va vers les étoiles !

Ohé ! ho ! Ohé ! mousse, grimpe au mat ;
Regarde à l’horizon mauve ;
Les astres, ne le vois-tu pas ?
Derrière les nuages qui se sauvent ?

Chacun à son banc! ramez les garçons,
Il nous faut ces soir aborder au ciel.
Tous ces oiseaux blancs nous les dépassons,
Nos désirs ont de grandes ailes !

Le poupe blanchir aux baisers des lames.
Et dans son sillage d’argent
Le grand bateau porte now âmes
A celui qui les attend !

Le grand bateau s’en est allé sur la mer.
Oh! vents, gonflez ses voiles !
Tiens droit toujurs, le gouvernail de fer,
Pilote on va vers les étoiles.

Authorship

Set by by Charles-Gaston Levadé (1869 - 1948), 1903?, published 1905 [ high voice and piano ], Éd. J. Hamelle

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14. La chevrette [sung text checked 1 time]

Tout en bas du talus où s’encaisse la route,
Où très peu de cie s’aperçoit,
Sans regarder autour de soi,
La petite chevrette broute.

Elle qui dans les yeux garde, on ne sait comment,
La claire vision des horizons sans bornes,
Tourne en un cercle étroit, tirant obstinément
Sur la corde tendue, attachée à ses cornes !

Vers l’azur qui l’attend au paradis de Dieu,
Notre âme obstinément s’élance devant elle,
Mais, tenue à nos corps comme la chèvre au pieu,
Notre âme est prisonnière, avant d’être immortelle !

Authorship

Set by by Charles-Henri Maréchal (1842 - 1924), 1903?, published 1905 [ medium voice and piano ], Éd. J. Hamelle

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15. Fleurs fanées [sung text checked 1 time]

J'ai trouvé ce bouquet de fleurettes fanées :
Pâquerettes, volubilis et boutons d’or
Ah! qui saura jamais depuis combien d’années
Ce bouquet fut caché comme on caché un trésor !

Celle qui vous cacha comme on caché un trésor !
Devait être très blonde et volontiers rêveuse,
Pour vous garder ainsi dans sa vie amoureuses,
Pâquerettes, volubilis et boutons d’or.

Ah ! qui saura jamais depuis combien d’années
Ce bouquet eut le sort des choses qu’on oublie,
Fleurettes sans parfum, maintenant si pâlies :
Pauvre petit bouquet de fleurettes fanées !

Authorship

Set by by Georges Eugène Marty (1860 - 1908), 1903?, published 1905 [ medium voice and piano ], Éd. J. Hamelle

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16. Monseigneur Jésus [sung text checked 1 time]

Monseigneur Jésus, ma dame la Vierge,
Sont venus me voir en habits dorés,
Chacun deux portrait, en guise de cierge,
Une étoile d’or des cieux azurés !

Tout auréolé d’éclat magnifique,
Monseigneur Jésus s’est penché vers moi.
L’air était rempli de douce musique
Et mon cœur gonflé tressautait d’émoi !

C’est qu’il m’a parlé le roi de la terre,
Il m’a dit: “De toi, nous sommes contents.”
Puis il a repris son air de mystère,
La vierge, elle, m’a souri tout le temps !

Je les contemplais… mais chose inouïe !
Voici qu’il fait jour, les murs sont déserts…
J’ai dû m’assoupir encore éblouie
Et me rendormir les yeux grands ouverts !

Authorship

Set by by Edmond Missa (1861 - 1910), 1903?, published 1905 [ medium voice and piano ], Éd. J. Hamelle

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17. Bluets d'amour [sung text checked 1 time]

Tu mettras des bluets à ton corsage blanc
Dès qu’Avril renaîtra dans la nature en joie
Des jolis bluets des champs
Des bluets frais comme toi
Tu mettras des bluets à ton corsage blanc.

Et ce sera charmant nous courrons dans l’herbe
En respirant l’air léger à pleins pumons
Et nous serons très beaux sous le soleil superbe
Parce que nous nous aimons.

Tu mettras des bluets à ton corsage blanc
Dès qu’Avril renaîtra dans la nature en joie
Des jolis bluets des champs
Des bluets frais comme toi
Tu mettras des bluets à ton corsage blanc.

S’aimer, vois-tu c’est la meilleure chose
Sans azur que serait le jour
Sans parfum que seraient les roses
Que serait Avril sans l’amour.

Tu mettras des bluets à ton corsage blanc
Dès qu’Avril renaîtra dans la nature en joie
Des jolis bluets des champs
Des bluets frais comme toi
Tu mettras des bluets à ton corsage blanc.

Authorship

Set by by Émile Pessard (1843 - 1917), 1903?, published 1905 [ medium voice and piano ], Éd. J. Hamelle

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18. L'heure tendre [sung text checked 1 time]

Le soleil est tombé parmi les arbres roses.
Un dernier rayon se répand
Dans la futaie et sur les fonds d’apothéoses
Du crépuscule enveloppant !

Tout s’apaise. Le vent se tait dans la ramure
Et l’air ene st tout attiédi ;
La chanson des oiseaux n’est qu’un vague murmure.
Au loin le couchant resplendit !

C’est l’heure de détente et l’heure d’accalmie,
Il ne fait pas nuit mais plus jour ;
C’est l’heure où la maîtresse est un instant l’amie,
C’est l’heure tendre de l’amour !

C’est l’heure où les amants se font des confidences,
Où le cœur dit la vérité…
Cependant que dans l’air tourne en des contredanses.
La poussière d’or de l’été !

Authorship

Set by by Paul-Charles-Marie Curet (1848 - 1917), as Paul Puget, 1903?, published 1905 [ medium voice and piano ], Éd. J. Hamelle

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19. Manteau de fleurs [sung text checked 1 time]

Toutes les fleurs de mon jardin sont roses,
Le rose sied à sa beauté.
Les primevères sont les premières écloses,
Puis viennent les tulipes et les jacinthes roses,
Les jolis oeillets, les si belles roses,
Toute la variété des fleurs si roses
Du printemps et de l'été!
Le rose sied à sa beauté!
Toutes mes pivoines sont roses,
Roses aussi sont mes glaïeuls,
Roses mes géraniums; seuls,
Dans tout ce rose un peu troublant,
Les lys ont le droit d'être blancs.
Et quand elle passe au milieu des fleurs
Emperlées de rosée en pleurs,
Dans le parfum grisant des roses,
Et sous la caresse des choses
Tout grâce, amour, pureté!
Les fleurs lui font un manteau rose
Dont elle pare sa beauté.

Authorship

Set by by Maurice Ravel (1875 - 1937), M. 39 (1903), published 1905 [ high voice and piano or orchestra ], Éd. J. Hamelle

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Laura Prichard) , "Flower cloak", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission

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20. Les nuages [sung text checked 1 time]

Les nuages suivent les chemins du ciel,
La lune vainement veut le garder près d’elle,
Et coquettement s’en faire des voiles ;
Ils passent sans voir qu’elle est belle ;
Ils sont amoureux des étoiles !

Les nuages sont aimés des étoiles,
Qui de leur scintillement les appellent,
Et c’est pour se rapprocher d’elles
Qu’ils suivent les chemins du ciel ;
Mais les étoiles sont bien trop haut.

Les nauges gris, roses, argentés
Sont bien légers, mais pas aussi légers qu’il faut
Pour atteindre la voie lactée.
Sur les chemins du ciel ils courent vite,
Comme elle est rapide leur fuite !

Ils se bousculent, se dépassent,
Et les amantes de l’espace
Leur font des signes quand ils passent !

Les nauges gris, roses, argentés
Si rapidement qu’ils soient emportés
Vers l’azur qu’ils volent,
N’atteindront jamais les étoiles !

Authorship

Set by by François Luc Joseph Thomé (1850 - 1909), as Francis Thomé, 1903?, published 1905 [ high voice and piano ], Éd. J. Hamelle

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21. Tes yeux ! [sung text checked 1 time]

"Un peu de pitié, mon âme est si triste !
Un peu de bonheur aussi, si tu peux !"
C'est ce que m'ont dit tes yeux d'améthyste,
Tes yeux si pervers et si purs, tes yeux !

"Es-tu le plaisir ? Je suis la souffrance.
Es-tu jeune aussi ? Mon cœur est si vieux !"
C'est ce que m'ont dit tes yeux d'espérance,
Tes yeux si charmeurs et si durs, tes yeux !

"Je suis la blessure, es-tu la caresse ?
Réalises-tu mon rêve anxieux ?"
C'est ce que m'ont dit tes yeux de détresse,
Tes yeux si vivants et défunts, tes yeux !

"Il faut que pour toi je sois la première,
Si je t'aime moins, que tu m'aimes mieux !"
C'est ce que m'ont dit tes yeux de lumière, 
Tes yeux si lointains et si près, tes yeux !

Authorship

Set by by Paul Vidal (1863 - 1931), 1903?, published 1905 [ voice and piano ], Paris, J. Hamelle

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22. Nuit mystérieuse [sung text checked 1 time]

La nuit languisante a tissé ses voiles.
Dans le miroir de tes grands yeux,
Vers notre amour mystérieux,
Je vois se pencher les étoiles
Au balcon du cieux! 

La Brise chante dans les feuilles
Un hymne de foi. 
Les roses, pourquoi tu les ceuilles,
Se tendent vers toi? 

Une ineffable poésie 
Sur ton front pur vient se poser
Et l'ivresse de l'ambroisie 
Se retrouve dans ton baiser! 

La nuit langoureuse a mis ses étoiles 
Dans le printemps délicieux. 
Quittant pour un instant le ciel mystérieux: 
Pure sans voiles, 
L'étoile de l'amour se lève dans tes yeux. 

Dormez, Mèlité l'ombre molle que le soir frisse 
Telle un voile obscur accroche ses plis au vallons
Dormez près de l'eau, l'eau qui court sur les sables blonds 

Parmis les roseaux, les jacynthes au robes lisses et les narcisses
Dormez, Mèlité: Sur vos chèvres blanches Pan veille 
Car il est un dieu propice au tropeaux du berger. 
Dormez, les rameaux bruissent dans le vent leger 
J'entends bourjonner autour des rosiers et des treilles

Un vol d'abeilles 
Dormez, car le chant des grillons et des sauterelles 
au chant de la source au chant stridulé des oiseaux 

Au chant murmuré de la brise sur les roseaux 
Vous vous mieux bercer Mèlité lasse. 
Moi je mele ma flûte grêle 
Dormez au chant de la brise sur les mosseaux. 

Authorship

Set by by Charles Marie Jean Albert Widor (1844 - 1937), 1903?, published 1905 [ high voice and piano ], Éd. J. Hamelle

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]