Vingt mélodies

by Alexis Jean Hubert Rostand (1844 - 1919)

Word count: 2259

1. Chanson [sung text not yet checked]

S'il est un charmant gazon
  Que le ciel arrose,
Où [brille]1 en toute saison
  Quelque fleur éclose,
Où l'on cueille à [pleine main]2
Lys, chèvrefeuille et jasmin,
J'en veux faire le chemin
  Où ton pied se pose !

S'il est un sein bien aimant
  Dont l'honneur dispose !
Dont le ferme dévoûement
  N'ait rien de morose,
Si toujours ce noble sein
Bat pour un digne dessein,
J'en veux faire le coussin
  Où ton front se pose !

S'il est un rêve d'amour,
  Parfumé de rose,
Où l'on [trouve chaque jour]3
  Quelque douce chose,
Un rêve que Dieu bénit,
Où l'âme à l'âme s'unit,
Oh ! j'en veux faire le nid
  Où ton cœur se pose !

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CHI Chinese (中文) (Yen-Chiang Che) , "如果有一個迷人的草地", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Peter Low) , "If there be a lovely grassy plot", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English [singable] (Charles Fonteyn Manney) , "If I knew a meadow fair", first published 1911
  • ENG English (Amy Pfrimmer) , copyright © 2019, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Enrico Magnani) , "Sogno d'amore", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

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Confirmed with Poésies de Victor Hugo: Odes & Ballades, Les Orientales, Les Feuilles d'Automne, Les Chants du Crépuscule, Les Voix Intérieures, Les Rayons & Les Ombres, Paris, Hetzel, 1880, p. 67.

1 Fauré: "naisse".
2 d'Erlanger: "pleines mains".
3 d'Erlanger: "trouve à chaque pas".

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2. Cocorico ! Le coq chante ! [sung text not yet checked]

Subtitle: Scène rustique

Cocorico ! le coq chante !
C'est le clairon du matin.
Il monte une odeur de thym 
Des grands près où tout s'enchante.
Cocorico! le coq chante !

Cocorico! le coq chante !
Bêtes et gens vont manger,
De la maison du berger 
Monte une odeur alléchante.
Cocorico! le coq chante !

Cocorico! le coq chante !
Entr'ouvrant ses jolis yeux,
Myrto me dit, l'air joyeux, 
Qu'elle me hait, la méchante !
Cocorico! le coq chante !

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Confirmed with Armand Silvestre, Premiéres poesies 1886-1874: Les amours. La vie d'amour, Nouvelle édition, Paris, Charpentier et Cie, 1887, page 66.


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3. Chanson de printemps [sung text not yet checked]

Le doux printemps a bu, dans le creux de sa main,
Le premier pleur qu'au bois laissa tomber l'aurore ;
Vous aimerez demain, vous qui n'aimiez encore,
Et vous qui n'aimiez plus, vous aimerez demain!
-- Le doux printemps a bu dans le creux de sa main.

Le printemps a cueilli, dans l'air, des fils de soie
Pour lier sa chaussure et courir par les bois ;
Vous aimerez demain pour la première fois,
Vous qui ne saviez pas cette immmortelle joie !
-- Le printemps a cueilli, dans l'air, des fils de soie.

Le printemps a jeté des fleurs sur le chemin
[Quand Myrto le]1 remplit de son rire sonore ;
Vous aimerez demain, vous qui n'aimiez encore,
Et vous qui n'aimiez plus, vous aimerez demain!
-- Le printemps a jeté des fleurs sur le chemin.

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  • ENG English (Peter Low) , "Tomorrow you will love", copyright © 2002, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English [singable] (Samuel Byrne) , "You will love tomorrow"
  • GER German (Deutsch) (Nathalie Senf) , copyright © 2014, (re)printed on this website with kind permission

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1 Lavigne, Massenet : "Que Mignonne"

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4. Bonsoir, Mignonne ! [sung text not yet checked]

Bonsoir, Mignonne, il se fait l'heure
Où se closent vos yeux si doux.
Voulez-vous pas que je demeure
Près de votre lit, à genoux ?
Que seulement ma bouche effleure
Le lin de vos rideaux jaloux !
Pauvres gens, que nous sommes fous !
Ne voyez-vous pas que je pleure...
        Bonsoir !

Si votre pitié n'est qu'un leurre,
J'aimerais mieux votre courroux;
Si vous ne voulez que je meure,
Hélas, pourquoi me dites-vous:
        Bonsoir -- !

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5. À la douleur ! [sung text not yet checked]

Tu m'étreins, ô douleur !
 . . . . . . . . . .

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6. Viens ! [sung text not yet checked]

Viens! - une flûte invisible
Soupire dans les vergers. -
La chanson la plus paisible
Est la chanson des bergers.

Le vent ride, sous l'yeuse,
Le sombre miroir des eaux. -
La chanson la plus joyeuse
Est la chanson des oiseaux.

Que nul soin ne te tourmente.
Aimons-nous! aimons toujours! -
La chanson la plus charmante
Est la chanson des amours.

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  • ENG English (Emily Ezust) , no title, copyright © 2015

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7. La fée jeunesse [sung text not yet checked]

Où va-t-elle, la blonde fée
 . . . . . . . . . .

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8. Mal ensevelie ! [sung text not yet checked]

Quand votre bien aimée est morte,
Les adieux vous sont rendus courts;
Sa paupière est close, on l'emporte,
Elle a disparu pour toujours.

Mais je la vois ma bien aimée,
Qui sourit sans m'appartenir,
Comme une ombre plus animée,
Plus présente qu'un souvenir!

Et je la perds toute ma vie
En d'inépuisables adieux...
Ô morte mal ensevelie,
Ils ne t'ont pas fermé les yeux!

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9. La chanson du fou [sung text not yet checked]

Au soleil couchant,
Toi qui vas cherchant
Fortune, 
Prends garde de choir;
La terre, le soir,
Est brune.
L'océan trompeur
Couvre de vapeur
La dune.
Vois, à l'horizon,
Aucune maison 
Aucune!

Maint voleur te suit,
La chose est, la nuit,
Commune.
Les dames des bois
Nous gardent parfois
Rancune.
Elles vont errer:
Crains d'en rencontrer
Quelqu'une.
Les lutins de l'air
Vont danser au clair
De lune.

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  • ENG English (Peter Low) , copyright © 2017, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , copyright © 2017, (re)printed on this website with kind permission

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10. Les nuages [sung text not yet checked]

S’il est vrai que les morts vont vite,
D’où viennent-ils, où s’en vont-ils,
Ces souffles errants et subtils
Qu’une âme vagabonde habite ?

Oh ! si vous vivez sans remords,
Votre douleur fut éphémère,
Vous qui laissez errer vos morts
Ainsi que des enfants sans mère !

— Les miens ! — j’ai su les retenir
Dans mon cœur, jalouse demeure
Où chaque matin je les pleure
Pour les empêcher de partir.

Authorship

Confirmed with Armand Silvestre, Les renaissances, La Nature, Paris: Alphonse Lemerre, 1870, pages 12-13.


Researcher for this text: Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

11. Myrto [sung text not yet checked]

Myrto ne sait pas de chansons,
Les filles la trouvent sauvage.
On la fuit, et les beaux garçons
Ne l’embrassen pas au passage.

Elle s’en va loin des maisons
S’asseoir près de la mer immense.
Nul ne regrette son absence:
Myrto ne sait pas de chansons,
Myrto ne sait pas de chansons.

Noël vient, vêtu de glaçons:
On danse autour du feu qui brille;
Nul n’invite la pauvre fille.
Myrto ne sait pas de chansons,
Myrto ne sait pas de chansons.

Mais elle sait le chant austère
Qui vibre au coeur silencieux,
Et que n’écoute point la terre:
Myrto, Myrto, Myrto sait la chanson des cieux!

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  • ENG English (Garrett Medlock) , "Myrto", copyright © 2019, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Garrett Medlock [Guest Editor]

12. La chanson des blés [sung text not yet checked]

Écoutez la chanson des blés
 . . . . . . . . . .

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Authorship

13. Aux Anges qui nous voient [sung text not yet checked]

Subtitle: Dialogue entre Le Poète et La Voix

— Passant, qu’es-tu ? je te connais.
Mais, étant spectre, ombre et nuage,
Tu n’as plus de sexe ni d’âge.
— Je suis ta mère, et je venais !

— Et toi dont l’aile hésite et brille,
Dont l’œil est noyé de douceur,
Qu’es-tu, passant ? — Je suis ta sœur.
— Et toi, qu’es-tu ? — Je suis ta fille.

— Et toi, qu’es-tu, passant ? — Je suis
Celle à qui tu disais : Je t’aime !
— Et toi ? — Je suis ton âme même. —
Oh ! cachez-moi, profondes nuits !

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Confirmed with Victor Hugo, Les Contemplations, Paris, Nelson, 1911, page 387.


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14. Pastorale [sung text not yet checked]

[ ... ]

« Laisse, ô blanche Lydé, toi par qui je soupire,
Sur ton pâle berger tomber un doux sourire,
Et de ton grand œil noir daignant chercher ses pas,
Dis-lui : Pâle berger, viens, je ne te hais pas.

-- Pâle berger aux yeux mourants, à la voix tendre,
Cesse, à mes doux baisers[,] cesse enfin de prétendre. 
Non, berger, je ne puis ; je n'en ai point pour toi.
Ils sont tous à Mœris, ils ne sont plus à moi.»

Authorship

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1 omitted by Bruneau; additional changes may exist not shown above.

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15. Pour qu'à l'espérance il ne cède [sung text not yet checked]

Pour qu'à l'espérance il ne cède,
J'ai muré mon cœur révolté
Dans la morne fidélité
Du souvenir qui le possède.

Vers l'horizon où l'aube a lui
Pour qu'un vain rêve ne l'emporte,
Comme une inexorable porte,
J'ai fermé le Passé sur lui.

J'ai dit : Ma part me fut comptée
D'aimer sans en pouvoir mourir.
L'ombre est douce à qui veut souffrir ;
Que me ferait l'aube enchantée ?

Puisque ne peut m'être rendu
L'heur de revoir le doux visage
Qui fut ma joie et mon courage
Et que, perdant, j'ai tout perdu !

Authorship

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Confirmed with Poésies de Armand Silvestre: 1872-1878. La chanson des heures, Volume 2, Paris, Alphonse Lemerre, 1887, pages 213-214.


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16. Sur la source [sung text not yet checked]

Sur la source elle se pencha;
La source doubla son image,
Et ce fut un charmant mirage,
Qu'un peu de vent effaroucha.

Sous les grands bois elle chanta :
L'oiseau doubla son chant sauvage,
Et ce fut un charmant ramage,
Que le vent lointain emporta.

Quand j'effleurai son doux visage,
Sa bouche ma bouche doubla...
Le vent peut balayer la plage,
[Ô Myrto]1, que me fait l'orage ?
-- Ton baiser reste toujours là !

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  • ENG English (Peter Low) , "Over the pool", copyright © 2002, (re)printed on this website with kind permission

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1 Massenet: "Mignonne"

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17. Saison des semailles - Le soir [sung text not yet checked]

C'est le moment crépusculaire. 
J'admire, assis sous un portail, 
Ce reste de jour dont s'éclaire 
La dernière heure du travail.

Dans les terres, de nuit baignées, 
Je contemple, ému, les haillons 
D'un vieillard qui jette à poignées 
La moisson future aux sillons.

Sa haute silhouette noire 
Domine les profonds labours. 
On sent à quel point il doit croire 
A la fuite utile des jours.

Il marche dans la plaine immense, 
Va, vient, lance la graine au loin, 
Rouvre sa main, et recommence, 
Et je médite, obscur témoin,

Pendant que, déployant ses voiles, 
L'ombre, où se mêle une rumeur, 
Semble élargir jusqu'aux étoiles 
Le geste auguste du semeur.

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18. Pantomime [sung text not yet checked]

Arlequin, l'amant ténébreux
 . . . . . . . . . .

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19. Stances [sung text not yet checked]

Aimons toujours! aimons encore!
Quand l'amour s'en va, l'espoir fuit.
L'amour, c'est le cri de l'aurore,
L'amour, c'est l'hymne de la nuit.

Ce que le flot dit aux rivages,
Ce que le vent dit aux vieux monts,
Ce que l'astre dit aux nuages,
C'est le mot ineffable: Aimons!

L'amour fait songer, vivre et croire.
Il a, pour réchauffer le coeur,
Un rayon de plus que la gloire,
Et ce rayon, c'est le bonheur!

Aime! qu'on les loue ou les blâme,
Toujours les grands coeurs aimeront:
Joins cette jeunesse de l'âme
A la jeunesse de ton front!

Aime, afin de charmer tes heures!
Afin qu'on voie en tes beaux yeux
Des voluptés intérieures
Le sourire mystérieux!

Aimons-nous toujours davantage!
Unissons-nous mieux chaque jour.
Les arbres croissent en feuillage;
Que notre âme croisse en amour!

Soyons le miroir et l'image!
Soyons la fleur et le parfum!
Les amants, qui, seuls sous l'ombrage,
Se sentent deux et ne sont qu'un!

Les poëtes cherchent les belles.
La femme, ange aux chastes faveurs,
Aime à rafraîchir sous ses ailes
Ces grands fronts brûlants et rêveurs.

Venez à nous, beautés touchantes!
Viens à moi, toi, mon bien, ma loi!
Ange! viens à moi quand tu chantes,
Et, quand tu pleures, viens à moi!

Nous seuls comprenons vos extases;
Car notre esprit n'est point moqueur;
Car les poëtes sont les vases
Où les femmes versent leur coeur.

Moi qui ne cherche dans ce monde
Que la seule réalité,
Moi qui laisse fuir comme l'onde
Tout ce qui n'est que vanité,

Je préfère, aux biens dont s'enivre
L'orgueil du soldat ou du roi,
L'ombre que tu fais sur mon livre
Quand ton front se penche sur moi.

Toute ambition allumée
Dans notre esprit, brasier subtil,
Tombe en cendre ou vole en fumée,
Et l'on se dit: -Qu'en reste-t-il?-

Tout plaisir, fleur à peine éclose
Dans notre avril sombre et terni,
S'effeuille et meurt, lys, myrte ou rose,
Et l'on se dit: -C'est donc fini!-

L'amour seul reste. O noble femme,
Si tu veux, dans ce vil séjour,
Garder ta foi, garder ton âme,
Garder ton Dieu, garde l'amour!

Conserve en ton coeur, sans rien craindre,
Dusses-tu pleurer et souffrir,
La flamme qui ne peut s'éteindre
Et la fleur qui ne peut mourir!

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Researcher for this text: Jacques L'oiseleur des Longchamps

20. Chanson de grand-père [sung text not yet checked]

Subtitle: Ronde des petites filles

Dansez, les petites filles,
Toutes en rond.
En vous voyant si gentilles,
Les bois riront.

Dansez, les petites reines,
Toutes en rond.
Les amoureux sous les frênes
S'embrasseront.

Dansez, les petites [belles]1,
Toutes en rond.
Les bouquins dans les écoles
Bougonneront.

Dansez, les petites belles,
Toutes en rond.
Les oiseaux avec leurs ailes
Applaudiront.

Dansez, les petites fées,
Toutes en rond.
Dansez, de bleuets coiffées,
L'aurore au front.

Dansez, les petites femmes,
Toutes en rond.
Les messieurs diront aux dames
Ce qu'ils voudront.

Authorship

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1 Reber: "folles"

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