Chansons de poètes

Song Cycle by Émile Poirson

Word count: 965

1. Vieille chanson du jeune temps [sung text not yet checked]

Je ne [songeais]1 pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

J'étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ; 
J'ai parlais des fleurs, des arbres ;
Son œil semblait dire : «Après ?»

La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;
J'allais ; j'écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.

Moi, seize ans, et l'air morose,
Elle, vingt ; ses yeux brillaient,
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient,

Rose droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches ;
Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse,
Sur les mousses de velours ;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.

Rose défit sa chaussure,
Et mit, d'un air ingénu,
Son petit pied dans l'eau pure ;
Je ne vis pas son pied nu.

Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans les bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.

Je ne vis qu'elle était belle
Qu'en sortant des grands bois sourds.
« Soit, n'y pensons plus !» dit-elle.
Depuis j'y pense toujours.

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1 Reyer, Delibes: "pensais"

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

2. La Jeune Morte 

Qui que tu sois, vivant, passe vite parmi
 . . . . . . . . . .

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3. La Musique [sung text not yet checked]

La musique [parfois]1 me prend comme une mer !
	Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un [pur]2 éther,
	Je mets à la voile ;

La poitrine en avant et [gonflant mes poumons
	De toile pesante,
Je monte et je descends sur le dos des grands monts
	D'eau retentissante ;]3

Je sens vibrer en moi toutes les passions
	D'un vaisseau qui souffre
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

	Sur l'immense gouffre
Me [bercent, et parfois le calme, -- grand]4 miroir
	De mon désespoir !

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Confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 174-175. Also confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1861, pages 158-159. Also confirmed with Œuvres complètes de Charles Baudelaire, vol. I : Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Michel Lévy frères, 1868, page 192. Punctuation follows 1857 edition. Note: this was number 76 in the 1857 edition of Les Fleurs du mal but number 69 or 71 in subsequent editions.

1 1857 edition, 1861 edition, E. Carter, and G. Charpentier: "souvent"
2 1857 edition, 1861 edition, E. Carter, and G. Charpentier: "vaste"
3 1857 edition, 1861 edition, E. Carter, and G. Charpentier: "les poumons gonflés / Comme de la toile, / J'escalade le dos des flots amoncelés / Que la nuit me voile ;"
4 1857 edition, 1861 edition, E. Carter, and G. Charpentier: "bercent. D'autres fois, calme plat, grand"

Researcher for this text: Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

4. La Mort des amants [sung text not yet checked]

Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Écloses pour nous sous des cieux plus beaux.

Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

Un soir [plein]1 de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;

Et [bientôt]2 un Ange, entr'ouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.

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  • ENG English (Peter Low) , "The death of the lovers", copyright © 2001, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Cyril Meir Scott) , "The Death of the Lovers", appears in The Flowers of Evil, London, Elkin Mathews, first published 1909
  • GER German (Deutsch) (Stefan George) , "Der Tod der Liebenden", appears in Die Blumen des Bösen, in Der Tod, Berlin: Bondi, first published 1901
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "La morte degli amanti", copyright © 2010, (re)printed on this website with kind permission
  • POL Polish (Polski) (Bronisława Ostrowska) , "Śmierć Kochanków", Kraków, first published 1911
  • SPA Spanish (Español) (Victor Torres) , "La muerte de los amantes", copyright © 2011, (re)printed on this website with kind permission

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Confirmed with Les Fleurs du mal, La Mort, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 243-244. Note: this was number 98 in the first edition of Les Fleurs du mal but number 121 or 146 in subsequent editions.

1 1861 and 1868 editions, Bachlund, Charpentier, Debussy, Desbonnet, van Deurzen: "fait"
2 1861 and 1868 editions, Bachlund, Charpentier, Debussy, Desbonnet, van Deurzen: "plus tard"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

5. Désespoir [sung text not yet checked]

Rien ne m'est plus rien, que les roses 
Qui bordent l'auvent de mon toit, 
Qu'au fond de mon jardin étroit 
Les pivoines hier écloses ; 

Matins joyeux ou soirs moroses,
Ciel où le jour croît ou décroit,
A plus rien mon âme ne croit
Qu'en vous, ô douces vieilles choses ! 

Des hommes, -- hélas ! que j'aimais ! --
Je suis fatigué pour jamais :
Je m'en vais de leur triste orgie. 

Au cœur des choses, sans remords, 
Tout vivant je me réfugie, 
En attendant d'y rentrer mort. 

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Confirmed with Fernand Gregh, Les Clartés Humaines. Poésies. Deuxième mille, Paris, Bibliothèque-Charpentier, 1904, pages 131-132.


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

6. La Chanson du Cœur 

Avec l'aurore, pâle rose du levant
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7. La Valse 

Dans un flot de gaze et de soie
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8. Ariette [sung text not yet checked]

Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?

Ô bruit doux de la pluie,
Par terre et sur les toits!
Pour un cœur qui s'ennuie,
Ô le [chant]1 de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans [ce]2 cœur qui s'écœure.
Quoi! nulle trahison ? ...
[Ce]3 deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine,
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon cœur a tant de peine!

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1 Debussy: "bruit"
2 Fauré: "mon"; Madetoja: "le"
3 Fauré: "Mon"

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9. Ah ! le bruit affreux de la vie 

Ah ! le bruit affreux de la vie
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10. Toi par qui j'ai senti [sung text not yet checked]

Toi par qui j'aisenti,
pour des heures trop brèves,
Ma jeunesse renaitre
et mon coeur fleurir,
Sois bé nie à jamais!
J'aime, je puis mourir.
J'ai vécu le meilleur
et le plus beau des rêves!
Et vous qui me rendiez
le matin de mes jours,
Qui, d'un charme si doux
m'envelop pez encore,
Vous pouvez m'oublier,
ô chers yeux que j'adore,
Mais jusques au tombeau
je vous verrai toujour.

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11. Musique sur l'eau [sung text not yet checked]

Oh ! Écoute la symphonie ; 
Rien n'est doux comme une agonie 
Dans la musique indéfinie 
Qu'exhale un lointain vaporeux ;

D'une langueur la nuit s'enivre, 
Et notre coeur qu'elle délivre 
Du monotone effort de vivre 
Se meurt d'un trépas langoureux.

Glissons entre le ciel et l'onde,
Glissons sous la lune profonde ;
Toute mon âme, loin du monde,
S'est réfugiée en tes yeux,

Et je regarde tes prunelles
Se pâmer sous les chanterelles,
Comme deux fleurs surnaturelles 
Sous un rayon mélodieux.

Oh ! écoute la symphonie ;
Rien n'est doux comme l'agonie
De la lèvre à la lèvre unie
Dans la musique indéfinie...

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12. Colloque sentimental [sung text not yet checked]

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l'heure passé.

Leurs yeux sont morts et leur lèvres sont molles,
Et l'on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.

-- Te souvient-il de notre extase ancienne?
-- Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne?

-- Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom?
Toujours vois-tu mon âme en rêve? -- Non.

-- Ah ! Les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! -- C'est possible.

-- Qu'il était bleu, le ciel, et grand l'espoir!
-- L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English [singable] (Peter Low) , "Sentimental dialogue", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Ernest Dowson) , no title, appears in Decorations, in After Paul Verlaine, no. 2
  • ENG English [singable] (Nita Cox) , "The colloquy"
  • GER German (Deutsch) (Pierre Mathé) , "Gefühlvolles Zwiegespräch", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , "Wehmütige Zwiesprache", copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Colloquio sentimentale", copyright © 2010, (re)printed on this website with kind permission
  • SPA Spanish (Español) (Benjamin Oblitas Mollinedo) , copyright © 2021, (re)printed on this website with kind permission

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13. Ce cœur plaintif 

Ce cœur plaintif,/ Ce cœur d'automne
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14. Quand je viendrai m'asseoir [sung text not yet checked]

Quand je viendrai m'asseoir dans le vent, dans la nuit,
Au bout du rocher solitaire,
Quand je n'entendrai plus, en t'écoutant, le bruit 
Que fait mon coeur sur cette terre,
Ne te contente pas, Océan, de jeter
Sur mon visage un peu d'écume!
D'un coup de lame alors il te faut m'emporter
Pour dormir dans ton amertume!

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  • ENG English (Laura (Pranada) Sylvis) , "In the night", copyright © 2004, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Michael Rapke) , copyright © 2018, (re)printed on this website with kind permission

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15. Belle, vivant tes jours [sung text not yet checked]

Belle, vivant tes jours filés par ton destin,
Le souci de Cypris, ô rose, et de la lyre,
Tu t’épanouiras pour orner le jardin
Et saturer d’odeur l’azur qui te respire.

Et puisqu’il faut qu’enfin s’achève le printemps,
Quand la rouille viendra sur tes pétales lisses,
Abandonnant ton cœur à la pluie, aux autans,
Tu goûteras la mort, ô fleur, avec délices.

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