Six mélodies, poésies de T. Gautier, M. Carré, Sully Prudhomme et M. Bouchor

Song Cycle by Paul Viardot (1857 - 1941)

Word count: 611

1. C'était un matin [sung text checked 1 time]

C'était un matin de ce mois de mai,
Et par les chemins je t'avais suivie.
Le printemps était vert et parfumé,
Et je saluais la terre et la vie.

C'était un matin de ce mois de mai,
Et dans l'air filait la bleue hirondelle ;
Tu m'avais voulu nommer ton aimé,
Et je te suivais comme un chien fidèle.

Or ton pied laissait un sillon de feu,
Et par les chemins je t'avais suivie.
Le jour clair montait au pâle ciel bleu
Qui joyeusement d'aimer nous convie.

Le rose orient s'était enflammé,
La forêt chantait comme une berceuse,
Le printemps était vert et parfumé!
Lente tu marchais, ò ma paresseuse...

Aube de bonheur, dans mon jeune cœur
Se levait l'amour nouvelle et ravie ;
Ton sourire doux n'était point moqueur,
Et je saluais la terre et la vie.

Authorship

See other settings of this text.

Researcher for this text: Ferdinando Albeggiani

2. Aubade [sung text checked 1 time]

L'aube est bien tardive à naître, 
Il a [gelé]1 cette nuit ; 
[Et]2 déjà sous ta fenêtre 
Mon fol amour m'a conduit.

Je tremble, mais moins encore 
Du froid que de ma langueur ; 
Le frisson du luth sonore 
Se communique à mon cœur.

Ému comme un petit page, 
J'attends le moment plus sûr 
Où j'entendrai le tapage 
De tes volets [sur le]3 mur ;

Et la minute me dure 
Où m'apparaîtra soudain, 
Dans son cadre de verdure, 
Ton sourire du matin.

Authorship

See other settings of this text.

View original text (without footnotes)

Confirmed with Œuvres complètes de François Coppée. Poésie - Tome II. Le cahier rouge, Paris, L. Hébert, 1886, pages 68-69.

Misattributed to Michel Carré on Paul Viardot's score, Paris, 'Au Ménestrel' Heugel, 1887.

1 Viardot: "neigé"
2 Viardot: "Mais"
3 Viardot: "contre ton"

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

3. Ici-bas [sung text checked 1 time]

Ici-bas tous les lilas meurent,
Tous les chants des oiseaux sont courts,
Je rêve aux étés qui demeurent
    Toujours...

Ici-bas les lèvres effleurent 
Sans rien laisser de leur velours,
Je rêve aux baisers qui demeurent
    Toujours...

Ici-bas, tous les hommes pleurent
Leurs amitiés ou leurs amours;
Je rêve aux couples qui demeurent 
    Toujours...

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Zde"
  • ENG English [singable] (Samuel Byrne) , "In this world"
  • GER German (Deutsch) (Martin Stock) , "Hier auf Erden", copyright © 2001, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ramona Gabriela Peter) , "Quaggiù", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission
  • RUS Russian (Русский) (Konstantin Dmitrevich Bal'mont) , "Здесь на земле", written 1890

Note: quoted in Jules Lemaître's "Vers pour être chantés".


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

4. Au bord de l'eau [sung text checked 1 time]

S'asseoir tous deux au bord [d'un]1 flot qui passe,
  Le voir passer ;
Tous deux, s'il glisse un nuage en l'espace,
  Le voir glisser ;
À l'horizon, s'il fume un toit de chaume,
  Le voir fumer ;
Aux alentours si quelque fleur embaume,
  S'en embaumer ;
[Si quelque fruit, où les abeilles goûtent,
  Tente, y goûter ;
Si quelque oiseau, dans les bois qui l'écoutent,
  Chante, écouter...]2
Entendre au pied du saule où l'eau murmure
  L'eau murmurer ;
Ne pas sentir, tant que ce rêve dure,
  Le temps durer ;
Mais n'apportant de passion profonde
  Qu'à s'adorer,
Sans [nul]3 souci des querelles du monde,
  Les ignorer ;
Et seuls, [heureux]4 devant tout ce qui [lasse]5,
  Sans se lasser,
Sentir l'amour, devant tout ce qui passe,
  Ne point passer!

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Peter Low) , "At the water's edge", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Nele Gramß) , "Am Ufer", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Enrico Magnani) , copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission
  • SPA Spanish (Español) (Mercedes Vivas) , "Al borde del agua", copyright © 2011, (re)printed on this website with kind permission

View original text (without footnotes)
1 Fauré: "du"
2 omitted by Fauré and Viardot.
3 Viardot: "un"
4 Fauré: "tous deux"
5 Viardot: "passe"

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

5. Ne jamais la voir [sung text checked 1 time]

[Ne jamais]1 la voir ni l'entendre,
Ne jamais [tout haut]1 la nommer,
Mais, fidèle, toujours l'attendre,
  Toujours l'aimer!

Ouvrir les bras, et, las d'attendre,
Sur le néant les refermer!
Mais encor, toujours les lui tendre
  Toujours l'aimer.

Ah! ne pouvoir que les lui tendre
Et dans les pleurs se consumer,
Mais ces pleurs toujours les répandre,
  Toujours l'aimer...

Ne jamais la voir ni l'entendre,
Ne jamais [tout haut]1 la nommer,
Mais d'un amour toujours plus tendre
  Toujours l'aimer. [Toujours!]3

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • DUT Dutch (Nederlands) (Marike Lindhout) , "Zucht", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Faith J. Cormier) , "Never to see or hear her", copyright © 2002, (re)printed on this website with kind permission

View original text (without footnotes)
1 Adaïevsky: "Jamais ne"; further changes may exist not noted above.
2 Viardot: "pouvoir"
3 Omitted by Viardot.

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

6. Villanelle [sung text checked 1 time]

Quand viendra la saison nouvelle,
Quand auront disparu les froids,
Tous les deux, nous irons, ma belle,
Pour cueillir le muguet au bois;
Sous nos pieds égrénant les perles
Que l'on voit, au matin trembler,
Nous irons écouter les merles 
     Siffler.

Le printemps est venu, ma belle;
C'est le mois des amants béni;
Et l'oiseau, satinant son aile,
Dit [des]1 vers au rebord du nid.
[Oh !]2 viens donc sur [le]3 banc de mousse
Pour parler de nos beaux amours,
Et dis-moi de ta voix si douce: 
    «Toujours !»

[ ... ]

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English [singable] (Samuel Byrne) , "Villanelle"
  • ENG English [singable] (Shula Keller) , "Villanelle", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Emily Ezust) , copyright © 2015
  • FRI Frisian (Geart van der Meer) , "Villanelle", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Nele Gramß) , "Villanelle", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , copyright © 2018, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Contadinella", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

View original text (without footnotes)

Confirmed with Théophile Gauthier, La comédie de la mort, Desessart editeur, Paris, 1838, page 361.

1 Berlioz: "ses"
2 Viardot: "Ah ! "
3 Berlioz, Lavigne, Viardot: "ce"
4 Berlioz, Lavigne: "heureux"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Pierre Mathé [Guest Editor]