16 Mélodies pour chant avec accompagnement de piano

Song Cycle by Charlotte Devéria, née Thomas (1856 - 1885)

Word count: 1956

1. Chanson [sung text not yet checked]

Adieu, bergère chérie,
Adieu mes seules amours ;
Je vais quitter la prairie
Où tu venois tous les jours.

Exilé sur l'autre rive,
J'y parlerai de ma foi ;
Mais, hélas ! ma voix plaintive 
Ne viendra plus jusqu'à toi.

Ne pleure pas, mon amie ;
J'ai peu de terns à souffrir :
Tout mal cesse avec la vie,
Et qui te fuit, va mourir. 

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Confirmed with Œuvres de M. de Florian, Volume 1, Paris, F. Dufart, 1805, page 207.


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2. L'Enfant au berceau [sung text not yet checked]

Dans l'alcôve sombre,
Près d'un humble autel,
L'enfant dort à l'ombre
Du lit maternel,
Tandis qu'il repose,
Sa paupière rose,
Pour la terre close,
S'ouvre pour le ciel.

Il fait bien des rêves ;
Il voit par moments
Le sable des grèves
Plein de diamants,
Des soleils de flammes,
Et de belles dames
Qui portent des âmes
Dans leurs bras charmants.

Songe qui l'enchante !
Il voit des ruisseaux ;
Une voix qui chante
Sort du fond des eaux.
Ses sœurs sont plus belles ;
Son père est près d'elles ;
Sa mère a des ailes
Comme les oiseaux.

Il voit mille choses
Plus belles encor ;
Des lis et des roses
Plein le corridor ;
Des lacs de délice
Où le poisson glisse,
Où l'onde se plisse
À des roseaux d'or !

Enfant, rêve encore !
Dors, ô mes amours !
Ta jeune âme ignore
Où s'en vont tes jours.
Comme une algue morte,
Tu vas ; que t'importe !
Le courant t'emporte,
Mais tu dors toujours !

Sans soin, sans étude,
Tu dors en chemin ;
Et l'inquiétude
A la froide main,
De son ongle aride,
Sur ton front candide
Qui n'a point de ride,
N'écrit pas : Demain !

Il dort, innocence !
Les anges sereins
Qui savent d'avance
Le sort des humains,
Le voyant sans armes,
Sans peur, sans alarmes,
Baisent avec larmes
Ses petites mains.

Leurs lèvres effleurent
Ses lèvres de miel.
L'enfant voit qu'ils pleurent
Et dit : Gabriel !
Mais l'ange le touche,
Et, berçant sa couche,
Un doigt sur sa bouche,
Lève l'autre au ciel.

Cependant sa mère,
Prompte à le bercer,
Croit qu'une chimère
Le vient oppresser ;
Fière, elle l'admire,
L'entend qui soupire,
Et le fait sourire
Avec un baiser.

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  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Kde nízký oltář stojí…", Prague, first published 1877
  • ENG English (Emily Ezust) , no title, copyright ©

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3. Tristesse [sung text not yet checked]

J'ai perdu ma force et ma vie,
[Et]1 mes amis et ma gaieté ;
J'ai perdu jusqu'à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.

Quand j'ai connu la Vérité,
J'ai cru que c'était une amie ;
[Quand je l'ai comprise et sentie]2,
J'en étais déjà dégoûté.

Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d'elle
Ici-bas ont tout ignoré.

Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d'avoir quelquefois pleuré.

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  • ENG English (Garrett Medlock) , copyright © 2019, (re)printed on this website with kind permission

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First published in La Revue des deux mondes, December 1, 1841, and then in Poésies nouvelles, 1850.

1 omitted by Liszt.
2 Liszt: "Quand je l'ai comprise, quand je l'ai sentie"

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4. Chanson [sung text not yet checked]

Celle que j'aime a de doux yeux/ Le teint pâle et de longs cheveux
 . . . . . . . . . .

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  • by Anonymous / Unidentified Author

5. L'Automne [sung text not yet checked]

Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure !
Feuillages jaunissants, sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !

Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire,
J'aime à revoir encor, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois !

Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire,
A ses regards voilés, je trouve plus d'attraits,
C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !

Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui,
Je me retourne encore, et d'un regard d'envie
Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui !

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;
L'air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Aux regards d'un mourant le soleil est si beau !

Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie
Ce calice mêlé de nectar et de fiel !
Au fond de cette coupe où je buvais la vie,
Peut-être restait-il une goutte de miel ?

Peut-être l'avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ?
Peut-être, dans la foule, une âme que j'ignore
Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu ?...

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ; 
A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ;
Moi, je meurs et mon âme, au moment qu'elle expire,
S'exhale comme un son triste et mélodieux.

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1 not set by Grast.

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6. Clair de lune [sung text not yet checked]

La lune était sereine et jouait sur les flots. --
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d'un flot d'argent brode les noirs îlots.

De ses doigts en vibrant s'échappe la guitare.
Elle écoute... Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l'archipel grec de sa rame tartare ?

Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l'eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d'un voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?

Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? --
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l'onde avec des rames.

Ce sont des sacs pesants, d'où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine... --
La lune était sereine et jouait sur les flots.

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  • ENG English (Garrett Medlock) , "Moonlight", copyright © 2020, (re)printed on this website with kind permission

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7. Hiver [sung text not yet checked]

Le soir, au coin du feu, j'ai pensé bien des fois
A la mort d'un oiseau, quelque part, dans les bois.
Pendant les tristes jours de l'hiver monotone,
Les pauvres nids déserts, les nids qu'on abandonne,

Se balancent au vent sur le ciel gris de fer.
Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l'hiver !
Pourtant lorsque viendra le temps des violettes,
Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes

Dans le gazon d'avril où nous irons courir.
Est-ce que les oiseaux se cachent, pour mourir ?

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8. Folle Chanson [sung text not yet checked]

Tu seras le lys aux langueurs de femme
 . . . . . . . . . .

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9. A tes yeux [sung text not yet checked]

Regarde, en s'enfuyant toute barque après elle
 . . . . . . . . . .

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  • by Anonymous / Unidentified Author

10. Hier au soir [sung text not yet checked]

Hier, le vent du soir, dont le souffle caresse,
Nous apportait l'odeur des fleurs qui s'ouvrent tard.
La nuit tombait ; l'oiseau dormait dans l'ombre épaisse.
Le printemps embaumait, moins que votre jeunesse;
Les astres rayonnaient, moins que votre regard.

Moi, je parlais tout bas. C'est l'heure solennelle
Où l'âme aime à chanter son hymne le plus doux.
Voyant la nuit si pure, et vous voyant si belle,
J'ai dit aux astres d'or : Versez le ciel sur elle !
Et j'ai dit à vos yeux : Versez l'amour sur nous !

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11. Absence [sung text not yet checked]

Reviens, reviens, ma bien-aimée !
Comme une fleur loin du soleil,
La fleur de ma vie est fermée,
Loin de ton sourire vermeil.

Entre nos cœurs [tant de]1 distance ;
Tant d'espace entre nos baisers.
Ô sort amer! ô dure absence !
Ô grands désirs inapaisés !

D'ici là-bas que de campagnes,
Que de villes et de hameaux,
Que de vallons et de montagnes,
À lasser le pied des chevaux !

Au pays qui me prend ma belle,
Hélas! si je pouvais aller ;
Et si mon corps avait une aile
Comme mon âme pour voler !

Par-dessus [les]2 vertes collines,
Les montagnes au front d'azur,
Les champs rayés et les ravines,
J'irais d'un vol rapide et sûr.

Le corps ne suit pas la pensée;
Pour moi, mon âme, va tout droit,
Comme une colombe blessée,
[T'abattre]3 au rebord de son toit.

Descends dans sa gorge divine,
Blonde et fauve comme de l'or,
Douce comme un duvet d'hermine,
Sa gorge, mon royal trésor ;

Et dis, mon âme, à cette belle :
«[Tu sais bien qu'il compte les jours!]4
Ô ma colombe! à tire d'aile,
Retourne au nid de nos amours.»

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English [singable] (Samuel Byrne) , "Absence"
  • ENG English (Emily Ezust) , copyright © 2015
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , copyright © 2010, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Enrico Magnani) , "Assenza", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission

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Confirmed with Théophile Gauthier, La comédie de la mort, Desessart editeur, Paris, 1838, page 283.

1 Berlioz: "quelle"
2 Bizet, David, Lavigne: "nos"
3 Berlioz, Pedrell: "S'abbatre"
4 Lavigne: appears as the last line of this verse.

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Pierre Mathé [Guest Editor]

12. Aubade [sung text not yet checked]

L'aube naît, et ta porte est close !
[Ma]1 belle, pourquoi sommeiller ?
À l'heure où s'éveille la rose
Ne vas-tu pas te réveiller ?

   Ô ma charmante, 
   Écoute ici 
   L'amant qui chante
   Et pleure aussi !

Toute frappe à ta porte bénie.
L'aurore dit : Je suis le jour !
L'oiseau dit : Je suis l'harmonie !
Et [mon cœur]2 dit : Je suis l'amour!

   Ô ma charmante, 
   Écoute ici 
   L'amant qui chante
   Et pleure aussi !

Je t'adore, ange, [et]3 t'aime, femme.
Dieu qui pour toi m'a complété
A fait mon amour [par]4 ton âme,
Et mon regard pour ta beauté !

   Ô ma charmante,
   Écoute ici 
   L'amant qui chante
   Et pleure aussi !

Authorship

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Confirmed with Victor Hugo, Œuvres complètes, Volume 1, Bibliothèque de la Pléiade, Editions gallimard, 1964, page 876.

1 Donizetti: "Ô ma"
2 Gounod: "moi je"
3 Donizetti: "je"
4 The word "pour" appears here in many editions, and is used by Donizetti, Lalo, Godard, and perhaps others.

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Malcolm Wren [Guest Editor]

13. Après l'hiver [sung text not yet checked]

Tout revit, ma bien-aimée !
Le ciel gris perd sa pâleur ;
Quand la terre est embaumée,
Le cœur de l'homme est meilleur.

[ ... ]

La branche au soleil se dore
Et penche, pour l'abriter,
Ses boutons qui vont éclore
Sur l'oiseau qui va chanter.

[ ... ]

L'air enivre; tu reposes
À mon cou tes bras vainqueurs. --
Sur les rosiers que de roses !
Que de soupirs dans nos cœurs !

[ ... ]

Authorship

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14. Adieu ! [sung text not yet checked]

Adieu ! ce mot est triste au cœur ! 
C'est une plainte de la brise, 
Un soupir du saule pleureur ;
C'est un doux lien qui se brise. 

Adieu ! c'est perdre dans son ciel
Une belle étoile éclipsée ;
C'est de l'amertume et du fiel 
Sur le bonheur d'une pensée.

Adieu ! c'est le monde désert
Et sans illusion aimées ;
C'est le soir sans divin concert, 
C'est le bois sans fleurs embaumécs. 

C'est la solitude en tous lieux,
C'est l'amour isolé qui pleure, 
C'est tout un avenir brumeux,
Où le regret est de chaque heure.

Adieu ! c'est vivre pour souffrir 
Avec un souvenir qui charme ;
Adieu se dit dans un soupir ;
Adieu s'écrit dans une Jarme.

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Confirmed with Affiches, annonces judiciaires, avis divers du Mans, et du Département de la Sarthe, 56th Année, No. 1er, January 1, 1836, page 71. Attributed to "Louis de G." with "(Extrait du Petit-Courrier.)" below the name.


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15. Nuits de juin [sung text not yet checked]

L'été, lorsque le jour a fui, de fleurs couverte
La plaine verse au loin un parfum enivrant ;
Les yeux fermés, l'oreille aux rumeurs entr'ouverte,
On ne dort qu'à demi d'un sommeil transparent.

Les astres sont plus purs, l'ombre paraît meilleure ;
Un vague demi-jour teint le dôme éternel ;
Et l'aube, douce et pâle, en attendant son heure,
Semble toute la nuit errer au bas du ciel.

Authorship

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  • ENG English (David K. Smythe) , "June nights", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission

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16. Au Printemps [sung text not yet checked]

Le temps a laissé son manteau
De vent de froidure et de pluie,
Et s'est vêtu de broderie,
De soleil [luisant]1 clair et beau.

Il n'y a bête ni oiseau
Qu'en son jargon ne chante ou crie:
"Le temps a laissé son manteau
De vent de froidure et de pluie".

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie
Gouttes d'argent d'orfèvrerie
Chacun s'habille de nouveau.

Authorship

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1 Amiet: "riant"
The text above has been modernized. The original text is as follows:
Le temps a laissié son manteau
De vent de froidure et de pluye
Et s'est vestu de broderye,
De soleil raiant, cler et beau.

Il n'y a beste ne oisieau
Qui en son jargon ne chante ou crye.
Le temps a laissié son manteau,
De vent de froidure et de pluye.

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolye
Goultes d'argent d'orfaverie
Chascun s'abille de nouveau.

Researcher for this text: Ted Perry