15 Mélodies

by Joseph Henry Altès (1826 - 1895)

Word count: 4488

1. Dédicace - Au lutin du foyer [sung text not yet checked]

À vous, [trouppe]1 légère,
  Qui d'aile passagère
    Par le monde volez,
Et, d'un sifflant murmure
  L'ombrageuse verdure
    Doulcement esbranlez,

J'offre ces violettes,
  Ces lis, et ces fleurettes,
    Et ces roses icy,
Ces vermeillettes roses,
  Tout freschement écloses,
    Et ces oeilletz aussi.

[ ... ]

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  • ENG English (David Jonathan Justman) , "From a winnower of wheat to the winds", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission

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1 Altès, Moret: "ombre"; further changes may exist not shown above.

Modernized spelling:

À vous, trouppe légère,
  Qui d'aile passagère
    Par le monde volez,
Et, d'un sifflant murmure
  L'ombrageuse verdure
    Doucement ébranlez,

J'offre ces violettes,
  Ces lis, et ces fleurettes,
    Et ces roses ici,
Ces vermeillettes roses,
  Tout fraichement écloses,
    Et ces oeillets aussi.

De votre douce haleine
  Éventez cette plaine,
    Éventez ce séjour:
Ce pendant que j'ahanne
  À mon blé, que je vanne
    À la chaleur du jour.


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2. Chanson [sung text not yet checked]

Si vous n'avez rien à me dire,
Pourquoi venir auprès de moi ?
Pourquoi me faire ce sourire
Qui tournerait la tête au roi ?
Si vous n'avez rien à me dire,
Pourquoi venir auprès de moi ?

Si vous n'avez rien à m'apprendre,
Pourquoi me pressez-vous la main ?
Sur le rêve angélique et tendre,
Auquel vous songez en chemin,
Si vous n'avez rien à m'apprendre,
Pourquoi me pressez-vous la main ?

Si vous voulez que je m'en aille,
Pourquoi passez-vous par ici ?
Lorsque je vous vois, je tressaille :
C'est ma joie et c'est mon souci.
Si vous voulez que je m'en aille,
Pourquoi passez-vous par ici ?

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  • ENG English (Emily Ezust) , no title, copyright © 2016
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , copyright © 2017, (re)printed on this website with kind permission

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3. Nouvelle chanson [sung text not yet checked]

S'il est un charmant gazon
  Que le ciel arrose,
Où [brille]1 en toute saison
  Quelque fleur éclose,
Où l'on cueille à [pleine main]2
Lys, chèvrefeuille et jasmin,
J'en veux faire le chemin
  Où ton pied se pose !

S'il est un sein bien aimant
  Dont l'honneur dispose !
Dont le ferme dévoûement
  N'ait rien de morose,
Si toujours ce noble sein
Bat pour un digne dessein,
J'en veux faire le coussin
  Où ton front se pose !

S'il est un rêve d'amour,
  Parfumé de rose,
Où l'on [trouve chaque jour]3
  Quelque douce chose,
Un rêve que Dieu bénit,
Où l'âme à l'âme s'unit,
Oh ! j'en veux faire le nid
  Où ton cœur se pose !

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  • CHI Chinese (中文) (Yen-Chiang Che) , "如果有一個迷人的草地", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Peter Low) , "If there be a lovely grassy plot", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English [singable] (Charles Fonteyn Manney) , "If I knew a meadow fair", first published 1911
  • ENG English (Amy Pfrimmer) , copyright © 2019, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Enrico Magnani) , "Sogno d'amore", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

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Confirmed with Poésies de Victor Hugo: Odes & Ballades, Les Orientales, Les Feuilles d'Automne, Les Chants du Crépuscule, Les Voix Intérieures, Les Rayons & Les Ombres, Paris, Hetzel, 1880, p. 67.

1 Fauré: "naisse".
2 d'Erlanger: "pleines mains".
3 d'Erlanger: "trouve à chaque pas".

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4. Malédiction [sung text not yet checked]

Qu'il erre sans repos, courbé dès sa jeunesse,
En des sables sans borne où le soleil renaisse
Sitôt qu'il aura lui !
Comme un noir meurtrier qui fuit dans la nuit sombre,
S'il marche, que sans cesse il entende dans l'ombre
Un pas derrière lui !

En des glaciers polis comme un tranchant de hache,
Qu'il glisse, et roule, et tombe, et tombe, et se rattache
De l'ongle à leurs parois !
Qu'il soit pris pour un autre, et, râlant sur la roue,
Dise : Je n'ai rien fait ! et qu'alors on le cloue
Sur un gibet en croix !

Qu'il pense échevelé, la bouche violette !
Que, visible à lui seul, la mort, chauve squelette,
Rie en le regardant !
Que son cadavre souffre, et vive assez encore
Pour sentir, quand la mort le ronge et le dévore,
Chaque coup de sa dent !

Qu'il ne soit plus vivant, et ne soit pas une âme :
Que sur ses membres nus tombe un soleil de flamme
Ou la pluie à ruisseaux !
Qu'il s'éveille en sursaut chaque nuit dans la brume,
Et lutte, et se secoue, et vainement écume
Sous des griffes d'oiseaux !

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5. Autre chanson [sung text not yet checked]

L'aube naît, et ta porte est close !
[Ma]1 belle, pourquoi sommeiller ?
À l'heure où s'éveille la rose
Ne vas-tu pas te réveiller ?

   Ô ma charmante, 
   Écoute ici 
   L'amant qui chante
   Et pleure aussi !

Toute frappe à ta porte bénie.
L'aurore dit : Je suis le jour !
L'oiseau dit : Je suis l'harmonie !
Et [mon cœur]2 dit : Je suis l'amour!

   Ô ma charmante, 
   Écoute ici 
   L'amant qui chante
   Et pleure aussi !

Je t'adore, ange, [et]3 t'aime, femme.
Dieu qui pour toi m'a complété
A fait mon amour [par]4 ton âme,
Et mon regard pour ta beauté !

   Ô ma charmante,
   Écoute ici 
   L'amant qui chante
   Et pleure aussi !

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Confirmed with Victor Hugo, Œuvres complètes, Volume 1, Bibliothèque de la Pléiade, Editions gallimard, 1964, page 876.

1 Donizetti: "Ô ma"
2 Gounod: "moi je"
3 Donizetti: "je"
4 The word "pour" appears here in many editions, and is used by Donizetti, Lalo, Godard, and perhaps others.

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Malcolm Wren [Guest Editor]

6. Mes vers fuiraient doux et frêles [sung text not yet checked]

Mes vers fuiraient, doux et frêles,
Vers votre jardin si beau,
Si mes vers avaient des ailes,
[Des ailes comme]1 l'oiseau.

Ils voleraient, étincelles,
Vers votre foyer qui rit,
Si mes vers avaient des ailes,
[Des ailes comme]1 l'esprit.

Près de vous, purs et fidèles,
Ils accourraient, nuit et jour,
Si mes vers avaient des ailes,
[Des ailes comme]1 l'amour !

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  • ENG English (Emily Ezust) , no title, copyright © 2016
  • SPA Spanish (Español) (Elisa Rapado) , "Mis versos volarían dulces y frágiles", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission

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1 Hahn: "Comme"

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7. L'extase [sung text not yet checked]

J'étais seul près des flots, par une nuit d'étoiles.
Pas un nuage aux cieux, sur les mers pas de voiles.
Mes yeux plongeaient plus loin que le monde, le monde réel.
Et les bois, et les monts, et toute la nature,
Semblaient interroger dans un confus murmure
    Les flots des mers, les flots des mers, les feux du ciel.

Et les étoiles d'or, légions infinies,
À voix haute, à voix basse, avec mille harmonies,
Disaient, en inclinant leurs couronnes de feu;
Et les flots bleus, que rien ne gouverne et n'arrête,
Disaient en recourbant l'écume de leur crête:
    -- C'est le Seigneur, le seigneur Dieu!

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  • ENG English (Barbara Miller) , "Ecstasy", copyright © 2005, (re)printed on this website with kind permission

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8. Le grillon [sung text not yet checked]

[Grillon solitaire
Ici comme moi,
Voix qui sors de terre,
Ah ! réveille-toi !
J'attise la flamme,
C'est pour t'égayer ;
Mais il manque une âme,
Une âme au foyer !]1

Grillon solitaire,
Voix qui sors de terre,
Ah ! réveille-toi
Pour moi !

Quand j'étais petite
Comme ce berceau,
Et que Marguerite
Filait son fuseau,
Quand le vent d'automne
Faisait tout gémir,
Ton cri monotone
M'aidait à dormir.

Grillon solitaire,
Voix qui sors de terre,
Ah ! réveille-toi
Pour moi !

Seize fois l'année
A compté mes jours ;
Dans la cheminée
Tu niches toujours,
Je t'écoute encore
Aux froides saisons,
Souvenir sonore
Des vieilles maisons !

Grillon solitaire,
Voix qui sors de terre,
Ah ! réveille-toi
Pour moi !

Qu'il a moins de charmes,
Ton chant, qu'autrefois!
As-tu donc nos larmes
Aussi dans ta voix ?
Pleures-tu l'aïeule,
La mère et la sœur ?
Vois ! je peuple seule
Ce foyer du cœur !...

Grillon solitaire,
Voix qui sors de terre,
Ah ! réveille-toi
Pour moi !

L'âtre qui pétille,
Le cri renaissant,
Des voix de famille
M'imitent l'accent ;
Mon âme s'y plonge,
Je ferme les yeux,
Et j'entends en songe
Mes amis des cieux.

Grillon solitaire,
Voix qui sors de terre,
Ah ! réveille-toi
Pour moi !

Tu me dis des choses,
Des choses au cœur,
Comme en dit aux roses
Leur oiseau rêveur !...
Qu'il chante pour elles
Ses notes au vol !
Voix triste et sans ailes,
Sois mon rossignol !
 
Grillon solitaire,
Voix qui sors de terre,
Ah ! réveille-toi
Pour moi !

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  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Cvrček", Prague, first published 1893
  • ENG English (Laura L. Nagle) , "The cricket", first published 1856, copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission [an adaptation]

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1 note: in the Bizet setting, lines 5-8 come before lines 1-4; note also that it appears later in the setting, which begins with stanza 2.


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9. Adieux à la mer [sung text not yet checked]

Murmure autour de ma nacelle,
Douce mer dont les flots chéris,
Ainsi qu'une amante fidèle,
Jettent une plainte eternelle
Sur ces poétique débris.

Que j'aime à flotter sur ton onde,
À l'heure où du haut du rocher
L'oranger, la vigne féconde,
Versent sur ta vague profonde
Une ombre propice au nocher!

Souvent, dans ma barque sans rame,
Me confiant à ton amour,
Comme pour assoupir mon âme,
Je ferme au branle de ta lame
Mes regards fatigués du jour.

Comme un coursier souple et docile
Dont on laisse flotter le mors,
Toujours, vers quelque frais asile,
Tu pousses ma barque fragile
Avec l'écume de tes bords.

Ah! berce, berce, berce encore,
Berce pour la dernière fois,
Berce cet enfant qui t'adore,
Et qui depuis sa tendre aurore
N'a rêvé que l'onde et les bois!

Le Dieu qui décora le monde
De ton élément gracieux,
Afin qu'ici tout se réponde,
Fit les cieux pour briller sur l'onde,
L'onde pour réfléchir les cieux.

Aussi pur que dans ma paupière,
Le jour pénètre ton flot pur,
Et dans ta brillante carrière
Tu sembles rouler la lumière
Avec tes flots d'or et d'azur.

Aussi libre que la pensée,
Tu brises le vaisseau des rois,
Et dans ta colère insensée,
Fidèle au Dieu qui t'a lancée,
Tu ne t'arrêtes qu'à sa voix.

De l'infini sublime image,
De flots en flots l'oeil emporté
Te suit en vain de plage en plage,
L'esprit cherche en vain ton rivage,
Comme ceux de l'éternité.

Ta voix majestueuse et douce
Fait trembler l'écho de tes bords,
Ou sur l'herbe qui te repousse,
Comme le zéphyr dans la mousse,
Murmure de mourants accords.

Que je t'aime, ô vague assouplie,
Quand, sous mon timide vaisseau,
Comme un géant qui s'humilie,
Sous ce vain poids l'onde qui plie
Me creuse un liquide berceau.

Que je t'aime quand, le zéphire
Endormi dans tes antres frais,
Ton rivage semble sourire
De voir dans ton sein qu'il admire
Flotter l'ombre de ses forêts!

Que je t'aime quand sur ma poupe
Des festons de mille couleurs,
Pendant au vent qui les découpe,
Te couronnent comme une coupe
Dont les bords sont voilés de fleurs!

Qu'il est doux, quand le vent caresse
Ton sein mollement agité,
De voir, sous ma main qui la presse,
Ta vague, qui s'enfle et s'abaisse
Comme le sein de la beauté!

Viens, à ma barque fugitive
Viens donner le baiser d'adieux;
Roule autour une voix plaintive,
Et de l'écume de ta rive
Mouille encor mon front et mes yeux.

Laisse sur ta plaine mobile
Flotter ma nacelle à son gré,
Ou sous l'antre de la sibylle,
Ou sur le tombeau de Virgile :
Chacun de tes flots m'est sacré.

Partout, sur ta rive chérie,
Où l'amour éveilla mon coeur,
Mon âme, à sa vue attendrie,
Trouve un asile, une patrie,
Et des débris de son bonheur,

Flotte au hasard : sur quelque plage
Que tu me fasses dériver,
Chaque flot m'apporte une image;
Chaque rocher de ton rivage
Me fait souvenir ou rêver...

Authorship

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  • ENG English (Laura Prichard) , copyright © 2016, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Enrico Magnani) , "Dolce mare", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission

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10. Invocation [sung text not yet checked]

Ô toi qui m'apparus dans ce désert du monde,
Habitante du ciel, passagère en ces lieux !
Ô toi qui fis briller dans cette nuit profonde
  Un rayon d'amour à mes yeux ;

À mes yeux étonnés montre-toi tout entière,
Dis-moi quel est ton nom, ton pays, ton destin !
  Ton berceau fut-il sur la terre ?
  Ou n'est-tu qu'un souffle divin ?

Vas-tu revoir demain l'éternelle lumière ?
Ou, dans ce lieu d'exil, de deuil, et de misère,
Dois-tu poursuivre encor ton pénible chemin ?
Ah ! quel que soit ton nom, ton destin, ta patrie, 
Ou fille de la terre, ou du divin séjour, 
  Ah ! laisse-moi, toute ma vie,
  T'offrir mon culte ou mon amour ! 

Si tu dois, [parmi nous, poursuivre]1 ta carrière,
Sois mon appui, mon guide, et souffre qu'en tous lieux,
De tes pieds adorés je baise la poussière.
Mais si tu prends ton vol, et si, loin de nos yeux,
Sœur des anges, bientôt tu remontes près d'eux,
Après m'avoir aimé quelques jours sur la terre,
  Souviens-toi de moi dans les cieux.

Authorship

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Confirmed with Alphonse de Lamartine, Méditations poétiques, neuvième édition, Paris, Librairie de Charles Gosselin, 1823, pages 137-138.

1 Niedermeyer: "comme nous, achever"

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11. Souvenir des vieilles guerres [sung text not yet checked]

Pour la France et la république,
En Navarre nous nous battions.
Là parfois la balle est oblique,
Tous les rocs sont des bastions.

Notre chef, une barbe grise
Le capitaine, était tombé,
Ayant reçu près d’une église
Le coup de fusil d’un abbé.

La blessure parut malsaine.
C’était un vieux et fier garçon.
En France, à Marine-sur-Seine,
On peut voir encor sa maison.

On emporta le capitaine
Dont on sentait plier les os ;
On l’assit près d’une fontaine
D’où s’envolèrent les oiseaux.

Nous lui criâmes : — Guerre ! fête !
Forçons le camp ! prenons le fort ! —
Mais il laissa pencher sa tête,
Et nous vîmes qu’il était mort. 

L’aide-major avec sa trousse
N’y put rien faire et s’en alla ;
Nous ramassâmes de la mousse,
De grands vieux chênes étaient là.

On fit au mort une jonchée
De fleurs et de branches de houx ;
Sa bouche n’était point lâchée,
Son œil intrépide était doux.

[ ... ]

Il avait sans doute à Marine
Quelques bons vieux amours tremblants ;
Nous trouvâmes sur sa poitrine
Une boucle de cheveux blancs.

Une fosse lui fut creusée
À la bayonnette, en priant ;
Puis on laissa sous la rosée
Dormir ce brave souriant.

Le bataillon reprit sa marche,
À la brune, entre chien et loup ;
Nous marchions. Les ponts n’ont qu’une arche.
Des pâtres au loin sont debout. 

[ ... ]

Nous tenions tous nos armes prêtes
À cause des pièges du soir.
Le croissant brillait sur nos têtes,
Et nous, pensifs, nous croyions voir,

Tout en cheminant dans la plaine
Vers Pampelune et Teruel,
Le hausse-col du capitaine
Qui reparaissait dans le ciel. 

Authorship

Confirmed with Victor Hugo, Œuvres complètes : Les Chansons des rues et des bois, Volume 30, Paris, Ollendorf, 1933, pages 246-248.


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12. Le rossignol et la tourterelle [sung text not yet checked]

Subtitle: Romance avec accompagnement de flûte

Bulbul enivre toute oreille
De sons, de musique et de bruit ;
Sa voix éclatante réveille
Les échos charmés d’une nuit ;

La douce et blanche tourterelle
N’a qu’une note dans la voix :
Mais cette note est éternelle,
Et ne dort jamais sous les bois ;

C’est un souffle qu’amour agite,
Un soupir qui pleure en sortant ;
C’est un cœur ému qui palpite,
Une âme sans voix qu’on entend.

Plus on écoute et plus on rêve ;
En vain ce soupir n’a qu’un son,
L’oreille attend, devine, achève,
Et l’âme vibre à l’unisson.

Celui qu’un double charme attire
Entre l’ivresse et la langueur,
Écoute, hésite, et ne peut dire
Lequel est l’oiseau de son cœur !

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13. Le moulin de Milly [sung text not yet checked]

Le chaume et la mousse
Verdissent le toit ;
La colombe y glousse,
L'hirondelle y boit ;
Le bras d'un platane
Et le lierre épais
Couvrent la cabane
D'une ombre de paix.

Ma sœur, que de charmes !...
Et devant cela
Tu n'as que des larmes ?
-- Ah ! s'il était là !...

[ ... ]

De sa sombre base,
Le blanc peuplier
Elève son vase
Au ciel sans plier ;
De sa flèche il plonge
Dans l'éther bruni,
Comme un divin songe
Monte à l'Infini.

[ ... ]

Authorship

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  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Mlýn Millský", Prague, first published 1877

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14. Lamento [sung text not yet checked]

Pourquoi gémis-tu sans cesse,
O mon âme ? réponds-moi !
D'où vient ce poids de tristesse
Qui pèse aujourd'hui sur toi ?
Au tombeau qui nous dévore,
Pleurant, tu n'as pas encore
Conduit tes derniers amis !
L'astre serein de ta vie
S'élève encore; et l'envie
Cherche pourquoi tu gémis !

La terre encore a des plages,
Le ciel encore a des jours,
La gloire encor des orages,
Le coeur encor des amours ;
La nature offre à tes veilles
Des mystères, des merveilles,
Qu'aucun oeil n'a profané,
Et flétrissant tout d'avance
Dans les champs de l'espérance
Ta main n'a pas tout glané !

[ ... ]

Authorship

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15. Le soir [sung text not yet checked]

Le soir ramène le silence.
Assis sur ces rochers déserts,
Je suis dans le vague des airs
Le char de la nuit qui s'avance.

Vénus se lève à l'horizon ;
À mes pieds l'étoile amoureuse.
De sa lueur mystérieuse
Blanchit les tapis de gazon.

De ce hêtre au feuillage sombre
J'entends frissonner les rameaux :
On dirait autour des tombeaux
Qu'on entend voltiger une ombre.

Tout à coup détaché des cieux,
Un rayon de l'astre nocturne,
Glissant sur mon front taciturne,
Vient mollement toucher mes yeux.

Doux reflet d'un globe de flamme,
Charmant rayon, que me veux-tu ?
Viens-tu dans mon sein abattu
Porter la lumière à mon âme ?

[ ... ]

Viens-tu dévoiler l'avenir
Au cœur fatigué qui t'implore ?
Rayon divin, es-tu l'aurore
Du jour qui ne doit pas finir ?

Mon cœur à ta clarté s'enflamme,
Je sens des transports inconnus,
Je songe à ceux qui ne sont plus
Douce lumière, es-tu leur âme ?

Peut-être ces mânes heureux
Glissent ainsi sur le bocage ?
Enveloppé de leur image,
Je crois me sentir plus près d'eux !

Ah ! si c'est vous, ombres chéries !
Loin de la foule et loin du bruit,
Revenez ainsi chaque nuit
Vous mêler à mes rêveries.

Ramenez la paix et l'amour
Au sein de mon âme épuisée,
Comme la nocturne rosée
Qui tombe après les feux du jour.

Venez !... mais des vapeurs funèbres
Montent des bords de l'horizon :
Elles voilent le doux rayon,
Et tout rentre dans les ténèbres.

Authorship

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  • ENG English (Jim Reilly) , "Evening", copyright © 2016, (re)printed on this website with kind permission

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1 Gounod, Niedermeyer: "Ces"

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