Mélodies choisies

by Émile Naoumoff (b. 1962)

Word count: 1385

1. L'aveu [sung text not yet checked]

J'ai perdu la forêt, la plaine,
Et les frais avrils d'autre-fois.
Donne tes lèvres, leur haleine
Ce sera le souffle des bois.

J'ai perdu l'océan morose,
Son deuil, ses vagues, ses échos;
Dis-moi n'importe quelle chose,
Ce sera la rumeur des flots.

Lourd d'une tristesse royale
Mon front songe aux soleils enfuis.
Oh! cache-moi dans ton sein pâle!
Ce sera le calme des nuits.

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  • ENG English (Laura Prichard) , copyright © 2016, (re)printed on this website with kind permission

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2. Les sirènes [sung text not yet checked]

Nous sommes la beauté qui charme les plus forts,
  Les fleurs tremblantes de l'écume
        Et de la brume,
Nos baisers fugitifs sont le rêve des morts !

[ ... ]

  Parmi nos chevelures blondes
  L'eau miroite en larmes d'argent,
  Nos regards à l'éclat changeant
  Sont verts et bleus comme les ondes !

Avec un bruit pareil aux délicats frissons
          Des moissons
  Nous voltigeons sans avoir d'ailes ;
  Nous cherchons de tendres vainqueurs,
  Nous sommes les sœurs immortelles
Offertes aux désirs de vos terrestres cœurs !

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  • ENG English (Korin Kormick) , "The sirens", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission

Excerpt from the poem "Les sirènes"

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3. Ô mort ! [sung text not yet checked]

Subtitle: Prière

Pourquoi - Ô mort
 . . . . . . . . . .

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4. Ta bonté [sung text not yet checked]

Chaque heure, où je songe à ta bonté
Si simplement profonde,
Je me confonds en prières vers toi.

Je suis venu si tard
Vers la douceur de ton regard,
Et de si loin vers tes deux mains tendues,
Tranquillement, par à travers les étendues!

J'avais en moi tant de rouille tenace
Qui me rongeait à dents rapaces,
La confiance
J'étais si lourd, j'étais si las
J'étais si vieux de méfiance,
J'étais si lourd, j'étais si las
Du vain chemin de tous mes pas.

Je méritais si peu la merveilleuse joie
De voir tes pieds illuminer ma voie,
Que j'en reste tremblant encore et presque en pleurs
Et humble à tout jamais, en face du bonheur.

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5. Compagnon de silence [sung text not yet checked]

Nous avons pensé des choses pures
Côte à côte, le long des chemins,
Nous nous sommes tenus par les mains
Sans dire... parmi les fleurs obscures ;

Nous marchions comme des fiancés
Seuls, dans la nuit verte des prairies ;
Nous partagions ce fruit de féeries
La lune amicale aux insensés

Et puis, nous sommes morts sur la mousse,
Très loin, tout seuls parmi l'ombre douce
De ce bois intime et murmurant ;

Et là-haut, dans la lumière immense,
Nous nous sommes trouvés en pleurant
Ô mon cher compagnon de silence !

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6. Chanson de l'adieu [sung text not yet checked]

Partir, c'est mourir un peu,
C'est mourir à ce qu'on aime:
On laisse un peu de soi-même
En toute heure et dans tout lieu.

C'est toujours le deuil d'un vœu,
Le dernier vers d'un poème;
Partir, c'est mourir un peu,
C'est mourir à ce qu'on aime.

Et l'on part, et c'est un jeu,
Et jusqu'à l'adieu suprême
C'est son âme que l'on sème,
Que l'on sème en chaque adieu:
Partir, c'est mourir un peu.

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  • ENG English (Edmund Hodges) , "Song of Farewell", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Thomas Ang) , "Song of Farewell", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , "Abschiedslied", copyright © 2014, (re)printed on this website with kind permission
  • SPA Spanish (Español) (Danilo Serrano) , "Canción del adiós", copyright © 2011, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Thomas Ang

7. La mort des pauvres [sung text not yet checked]

C'est la Mort qui [console et la Mort]1 qui fait vivre ;
C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir
Qui, [divin]2 élixir, nous monte et nous enivre,
Et nous donne le cœur de marcher jusqu'au soir ;

À travers la tempête, et la neige et le givre,
C'est la clarté vibrante à notre horizon noir ;
C'est l'auberge fameuse inscrite sur le livre,
Où l'on pourra manger, et dormir, et s'asseoir 

C'est un Ange qui tient dans ses doigts magnétiques
Le sommeil et le don des rêves extatiques,
Et qui refait le lit des gens pauvres et nus ;

C'est la gloire des Dieux, c'est le grenier mystique,
C'est la bourse du pauvre et sa patrie antique,
C'est le portique ouvert sur les Cieux inconnus !

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Confirmed with Les Fleurs du mal, La Mort, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 245-246. Also confirmed with Les Fleurs du mal, La Mort, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1861, pages 297-298. Also confirmed with Œuvres complètes de Charles Baudelaire, vol. I : Les Fleurs du mal, La Mort, Paris: Michel Lévy frères, 1868, page 340. Punctuation follows 1857 edition. Note: this was number 99 in 1857 edition of Les Fleurs du mal but number 122 or 147 in subsequent editions.

1 1861 edition, 1868 edition, G. Bachlund, A. Caplet, and E. Rautavaara: "console, hélas ! et"
2 1861 edition, 1868 edition, G. Bachlund, A. Caplet, and E. Rautavaara: "comme un"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

8. Sommeil vermeil [sung text not yet checked]

Heureux qui meurt ici,
Ainsi que les oiseaux des champs!
Son corps, près des amis,
Est mis dans l'herbe et dans les chants.
Il dort d'un bon sommeil vermeil,
Sous le ciel radieux.
Tous ceux qu'il a connus, venus,
Lui font de longs adieux.

À sa croix les parents pleurants,
Restent a genouillés,
Et ses os, sous les fleurs, de pleurs
Sont doucement mouillés
Chacun sur le bois noir,
Peut voir s'il était jeune ou non,
Et peut, avec de vrais regrets.
L'appeler par son nom,

Combien plus malchanceux
Sont ceux qui meurent à la mé,
Et sous le flot profond 
S'en vont loin du pays aimé!
Ah! pauvres! qui pour seul linceuls
Ont les goëmons verts,
Où l'on roule inconnu, tout nu,
Et les yeux grands ouverts!

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  • GER German (Deutsch) (Nele Gramß) , "Auf dem Friedhof", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
  • SPA Spanish (Español) (Alfredo García) , "El cementerio", copyright © 2004, (re)printed on this website with kind permission

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9. Credo d'amour [sung text not yet checked]

Je crois aux choses éternelles
De la lumière et de l'amour.
Car la Beauté, comme le Jour.
Allume un feu dans les prunelles.
Car les femmes portent en elles
L'ombre et la clarté tour à tour.
-- Je crois aux choses éternelles
De la lumière et de l'amour !

Je crois que tout vit sur la terre
Par le soleil et le baiser.
Car tous les deux savent briser
L'effroi de la nuit solitaire.
Car la douleur, divin mystère !
Tous les deux savent l'apaiser.
-- Je crois que tout vit sur la terre
Par le soleil et le baiser.

Je crois que tout meurt et se presse
Vers l'ombre du dernier sommeil,
Hors l'éclat de l'astre vermeil
Et le pouvoir de la caresse,
Hors ce que nous versent d'ivresse
Ou le sourire ou le soleil.
-- Je crois que tout meurt et se presse
Vers l'ombre du dernier sommeil !

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Confirmed with Poésies de Armand Silvestre 1872-1878. La Chanson des Heures, Paris, Alphonse Lemerre, 1887, page 160-161.


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10. Harmonie du soir [sung text not yet checked]

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir,
-- Valse mélancolique et langoureux vertige ! --

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige ;
-- Valse mélancolique et langoureux vertige ! --
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
-- Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un cœur tendre qui hait le néant vaste et noir
Du passé lumineux recueille tout vestige ;
-- Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige ;
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

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  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Harmonie večera"
  • ENG English (Peter Low) , "Evening harmony", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Cyril Meir Scott) , "Evening Harmony", appears in The Flowers of Evil, London, Elkin Mathews, first published 1909
  • HUN Hungarian (Magyar) (Árpád Tóth) , "Esti harmónia", written 1920
  • POL Polish (Polski) (Bronisława Ostrowska) , "Harmonia wieczoru", Kraków, first published 1911
  • ROM Romanian (Română) (Alexandru I. Philippide) , "Armonie în amurg"
  • SPA Spanish (Español) (Victor Torres) , "Armonía del atadecer", copyright © 2011, (re)printed on this website with kind permission

Confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 101-102. Note: this was number 43 in the 1857 edition of Les Fleurs du mal but 47 or 48 in subsequent editions.


Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

11. Toujours l'aimer [sung text not yet checked]

[Ne jamais]1 la voir ni l'entendre,
Ne jamais [tout haut]1 la nommer,
Mais, fidèle, toujours l'attendre,
  Toujours l'aimer!

Ouvrir les bras, et, las d'attendre,
Sur le néant les refermer!
Mais encor, toujours les lui tendre
  Toujours l'aimer.

Ah! ne pouvoir que les lui tendre
Et dans les pleurs se consumer,
Mais ces pleurs toujours les répandre,
  Toujours l'aimer...

Ne jamais la voir ni l'entendre,
Ne jamais [tout haut]1 la nommer,
Mais d'un amour toujours plus tendre
  Toujours l'aimer. [Toujours!]3

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  • DUT Dutch (Nederlands) (Marike Lindhout) , "Zucht", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Faith J. Cormier) , "Never to see or hear her", copyright © 2002, (re)printed on this website with kind permission

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1 Adaïevsky: "Jamais ne"; further changes may exist not noted above.
2 Viardot: "pouvoir"
3 Omitted by Viardot.

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

12. Nuit d'automne [sung text not yet checked]

Le [couchant]1 est si beau, parmi
Les arbres d'or qu'il ensanglante
Que le jour qui meurt à demi,
Retarde sa mort grave et lente.

Le crépuscule, sur les roses,
Est si pur, si calme et si doux,
Que toutes ne se sont pas closes
Et que j'en cueille une pour vous.

Les feuilles chuchotent si bas,
Une à une ou toutes ensemble
D'arbre en arbre, qu'on ne sait pas,
Si tu ris, ou si le bois tremble.

La rivière coule si douce 
Entre les roseaux bleus des prés
Si douce, si douce, si douce
Qu'on ne sait pas si vous pleurez.

La nuit d'ombre, de soie et d'or
Du fond du silence est venue,
Et l'automne est si tiède encor
Que tu pourras t'endormir nue.

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  • ENG English (Garrett Medlock) , "Autumn night", copyright © 2020, (re)printed on this website with kind permission

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1 Gradis: "crépuscule"; further changes may exist not shown above.

Researcher for this text: Geoffrey Wieting

13. Vous m'avez regardé... [sung text not yet checked]

Vous m'avez regardé avec toute votre âme.
Vous m'avez regardé longtemps comme un ciel bleu.
J'ai mis votre regard à l'ombre de [vos]1 yeux...
Que ce regard était passionné et calme...

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  • ENG English (Faith J. Cormier) , "You looked at me with all your soul", copyright © 2003, (re)printed on this website with kind permission

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1 Boulanger: "mes"

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14. Je dédie à tes pleurs... [sung text not yet checked]

Je dédie à tes pleurs, à ton sourire,
Mes plus douces pensées,
Celles que je te dis, celles aussi
Qui demeurent imprécisées
Et trop profondes pour les dire.

Je dédie à tes pleurs, à ton sourire,
A toute ton âme, mon âme,
Avec ses pleurs et ses sourires
Et son baiser.

Vois-tu, l'aube blanchit le sol, couleur de lie ;
Des liens d'ombre semblent glisser
Et s'en aller, avec mélancolie ;
L'eau des étangs s'éclaire et tamise son bruit,
L'herbe rayonne et les corolles se déplient,
Et les bois d'or s'affranchissent de toute nuit.

Oh ! dis, pouvoir, un jour,
Entrer ainsi dans la pleine lumière ;
Oh ! dis, pouvoir, un jour,
Avec des cris vainqueurs et de hautes prières,
Sans plus aucun voile sur nous,
Sans plus aucun remords en nous,
Oh ! dis, pouvoir un jour
Entrer à deux dans le lucide amour !...

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